Dvar Torah du Shabbat

A ma famille, mes amis, mes Rabbanim,
A mon fils Avihaï AMAR,
Source de vie, de courage, de détermination...

en cours d'évolution chaque semaine pour la Parasha concernée...

Shabbat Bereshit

La Parasha Berechit conte la création du monde et de l'Homme. HM créa le monde en 6 jours et se reposa le 7ème jour de toute l'oeuvre qu'Il avait créée.

Au 6ème jour de la création, HM créa un être unique, Adam, mâle et femelle à la fois. Puis, voyant qu'"il n'est pas bon pour l'Homme d'être seul" {2;18}, Il extraya l'une des cotes d'Adam à partir de laquelle Il façonna la femme, Eve, qualifiée de Ezer Kenegdo (une aide face à lui), et leur ordonna de se multiplier.

A la différence de tous les autres êtres vivants créés, la Torah nous dévoile ici que dés le départ l'homme et la femme constituaient au fond "un seul être" divisé en deux êtres complémentaires, et qu'ils auraient donc pour mission de coopérer pour leur salut commun. Le Zohar (III, 283b) précise notamment que lorsqu'un homme et une femme s'unissent pour la 1ère fois sous la Houpa de leur propre gré, ils sont les 2 moitiés d'une même âme qui se retrouvent ici bas pour accomplir leur mission commune, suite à laquelle ils mériteront la même place au Olam Haba..

De la même façon, le Zohar affirme que "même si l'homme étudie toute la Thora et accomplit tous les commandements mais ne se marie pas, son âme n'atteint jamais la perfection". Et nos Sages du Talmud {Ketouvot} enseignent que : "celui qui n'est pas marié ne connait ni la joie ni le bonheur. Il est sans force, sans espoir, sans Torah" ; "il n'y a pas d'homme sans femme, de femme sans homme et ni l'un ni l'autre sans Dieu" ; "la femme est la lumière des yeux d'un homme ainsi que la force qui le maintient dans ce monde" ; "Celui qui trouve une femme trouve la vie".

En outre, si la Torah astreint exclusivement l'homme à la totalité des Mitsvot positifs et négatifs, c'est parce qu'en quelque sorte, la femme porte déjà en elle toutes les Mitsvot que son mari a le devoir d'accomplir, et dans son rôle majeur de Ezer Kenegdo (une aide face à lui), elle va établir au sein de son couple une relation de coopération/opposition qui opérera exactement les changements nécessaires et ô combien difficiles parfois, pour que l'un et l'autre accèdent à l'élévation spirituelle requise qui leur permettra d'atteindre l'objectif commun qu'HM leur avait fixé dans ce monde de Tikoun.

Ainsi, le rôle et la Mitsva de la femme est d'accepter de devoir faire son possible pour aider son mari à trouver la bonne voie et à réaliser ses Mitsvot. Et en investissant ses efforts dans ce sens, elle perfectionne son âme et sanctifie son foyer selon la loi de Moïse et d'Israël.

C'est pourquoi, lorsque nos Sages s'interrogent : "Qui est la femme vertueuse ?" et répondent "C'est celle qui fait la volonté de son mari", ils nous dévoilent en vérité que la femme vertueuse est celle qui "fait/façonne" la volonté de son mari pour qu'il accomplisse la volonté d'HM, et concluent que "la femme est le pilier de la maison" car le bonheur conjugal repose essentiellement sur elle, sur son humeur, son caractère et son comportement.

Et dans tous les cas, l'homme a toujours le devoir d'aimer et d'honorer son épouse même si celle-ci ne coopère pas comme il l'aurait souhaité. Son objectif principal étant de grandir dans sa Emouna en priant au quotidien pour leur salut commun (et réciproquement), et de garder à l'esprit que les paramètres fluctuants de leur Shalom Bayit dépendent essentiellement de ses mérites à lui, et qu'ils ne constituent on fond que des invitations à devenir encore meilleur grâce à son âme-soeur !

L'essentiel étant pour tout couple juif qui se respecte et qui vit par la Emouna d'Israël, de préserver précieusement la considération et le respect mutuels. D'autant plus qu'il existe une règle d'or véridique au sein du peuple d'Israël : "Je TE fais du Mal je ME fais du Mal ; Je TE fais du Bien je ME fais du Bien".

Shabbat Shalom


Shabbat Noa'h

La Parasha Noa'h nous dévoile que la génération du déluge a été effacée de la terre en raison de sa conduite sexuelle perverse, de l'idolâtrie, et du vol des biens d'autrui avec violence {Rachi 6;11}. La pluie tomba pendant 40 jours et les eaux augmentèrent, toute créature se mouvant sur la surface de la terre périt, et "il ne resta que Noa'h et ce qui était avec lui dans l'arche" {7;23}. Ensuite, HM établit une alliance avec l'humanité pour ne plus l'anéantir et désigne l'arc en ciel comme signe de cette alliance.

Dans ce terrible épisode, la Torah commence par nous présenter Noa'h en le qualifiant d'"homme juste et intègre dans sa génération" et de la sorte, elle nous invite à prendre exemple sur sa personnalité qui lui permit de garder un comportement digne vis-à-vis de lui même, d'autrui, et de son créateur, sans adhérer aux influences les plus courantes de son temps.

En effet, chaque âme juive a le devoir de s'interroger au quotidien sur l'orientation de ses choix personnels afin de distinguer les mauvaises influences et de s'en écarter au plus vite en engageant une lutte contre son Yetser Hara, et de rester ainsi attachée à notre Torah de Vie à propos de laquelle il est dit : "elle sera la santé pour ton corps, une sève généreuse pour tes membres" {Michlé 3;8}, "celui qui accepte le joug de la Torah est libéré du joug des obligations de ce monde" {Pirkei Avot 3;5}.

En outre, paradoxalement à ces notions d'efforts et de luttes, il est intéressant de remarquer que la "Parasha du déluge" s'appelle Noa'h, un nom qui s'apparente au verbe Lanoua'h et qui signifie se reposer, se laisser aller.. Comme s'il y'avait cette relation de cause à effet : lorsque l'homme "se laisse aller" ici bas en s'écartant de sa mission, alors HM lui envoie un "déluge sur mesure" pour le nettoyer de ses fautes et éveiller sa Emouna. Le déluge faisant ici référence aux épreuves de la vie qui invitent l'homme à réparer son âme, et qui le poussent à se réaliser en exploitant d'extraordinaires potentiels dont il n'avait pas connaissance pour grandir...

D'ailleurs, la Hassidout rapporte à ce propos une interprétation du verset Chir Hachirim {8;7} dit par le Roi Salomon : "des eaux abondantes ne pourront pas éteindre l'amour que j'ai pour Toi", et révèle que les épreuves de la vie d'un homme ne sont finalement que les ultimes moyens providentiels qui permettent d'attiser sa flamme d'Emouna en HM, et de raviver son amour pour Lui.

C'est pourquoi, plutôt que d'attendre l'épreuve qui nous fera connaitre l'évolution, ne vaudrait-il pas mieux prévenir que guérir en anticipant par nous même cette réalisation de soi ? Et ce, notamment grâce au saint jour du Shabbat qui nous invite chaque fin de semaine à vivre une évolution spirituelle dans le plaisir, en stoppant net notre activité pour se consacrer à la prière et l'étude, à la méditation et à l'interrogation, à la famille...

D'ailleurs, le terme Shabbat contient les mêmes lettres que le mot Tachouv, qui signifie "revenir" à la source (Techouva). Le Shabbat étant effectivement un moment de bien être physique et psychologique où l'on se ressource spirituellement en s'attachant à HM et Sa volonté.

Shabbat Shalom


Shabbat Lekh Lekha

Dans la Parasha Lekh Lekha (va pour toi), HM ordonne à Avram : "Va pour toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison de ton père, et va au pays que Je te montrerai", et lui fait la promesse suivante : "Je ferai de toi une grande nation, Je rendrai ton nom glorieux, et tu seras une bénédiction".

Quitter sa maison pour entreprendre un long voyage à travers des régions desertiques vers une destination inconnue est sans doute une expérience difficile.. Et Rachi {2;1} souligne qu'un tel voyage présente déjà 3 risques : "On a moins d'enfants; On a moins d'argent; On a moins de renommée", et c'est la raison pour laquelle HM promet à Avram Sa bénédiction pour avoir : "des enfants, la prospérité et la renommée".

Cependant, à chaque étape de ce voyage, Avram est confronté avec son épouse Saraï, à des difficultés qui les projettent parfois dans des situations si périlleuses que la réalité semble de plus en plus l'éloigner des Berakhot qu'HM lui avait promis, et très vite, cette aventure devient une mise à l'épreuve de sa Emouna en HM.

Mais Avram fait preuve de Messirout Nefesh (abnégation) pour accomplir avec determination la volonté du Maître du monde. Il s'en remet entièrement à Lui sans jamais se plaindre des dangers et des difficultés qu'il rencontre, en gardant la conviction que ce ne sont après tout que les effets de Sa divine Providence.. Dés lors, Avram parvient à traverser avec succès l'épreuve Lekh Lekha, et au bout du compte, à accèder aux bénédictions qu'HM lui avait destinées.

De cet épisode, nos Sages enseignent que Lekh Lekha est l'épreuve par excellence qui permet à chaque juif de pouvoir accéder à de nouvelles Berakhot en changeant d'endroit, tout en eveillant sa Emouna héritée de nos Patriarches, car "Méchané Makom Méchané Mazal" (celui qui change de lieu change de destinée).

Aujourd'hui plus que jamais, Lekh lekha est aussi l'expérience qui permet à tout jeune couple de pouvoir se construire en quittant la maison de leur parent pour bâtir leur propre édifice selon la loi de Moïse et d'Israël. On ne compte plus malheureusement, le nombre de couples brisés par de simples difficultés devenues vite trop compliquées parce que liées à l'intervention de leurs parents qui ne suivent pas les recommandations de nos Sages, de devoir absolument se mettre à l'écart de la vie de couple de leurs enfants pour que soit respectée la règle d'or de notre Torah de Vie : "l'Homme abandonnera son père et sa mère" pour s'unir à sa moitié et devenir "une seule chair" (Berechit 2:24).

En outre, la traduction littérale de Lekh Lekha signifie plutot "va vers toi", car en fin de compte, HM demande ici à Avram, d'aller vers ce qu'il est réellement au fond de lui, en exploitant toutes ses capacités et tous ses potentiels dans l'épreuve, afin de se réaliser pleinement pour devenir le premier patriarche d'Israël au nom glorieux : Avraham. Et de la même façon, chaque Israël doit vivre au quotidien son Lekh Lekha en allant de l'avant d'une étape à l'autre vers la réalisation de soi pour dévoiler son Etsem HaNeshama (essence de l'âme) au travers de ses pensées, paroles et actions, dans l'accomplissement de la mission qu'HM lui a confiée ici bas.

Et pour ne pas tomber dans l'illusion du Yetser Hara dont l'objectif est de nous écarter de la voie de la vérité, il est primordial de constamment s'interroger sur l'adéquation de notre comportement et de nos choix, avec les valeurs et la Emouna d'Israël, et de s'attacher à HM par la prière pour y parvenir avec succès, comme disait le Roi David dans ses prières (Psaume 25) : "Fais mois connaitre Tes voies ô Eternel, enseigne moi Tes sentiers. Dirige moi dans Ta vérité, instruis-moi car Tu es le Dieu de mon salut; en Toi j'espère tout le temps".

Shabbat Shalom


Shabbat Vayera

Dans la Parasha Vayera, on assiste à la naissance miraculeuse d'Ytshak qui est circoncis à l’âge de 8 jours. Avraham a alors 100 ans et Sarah 90. HM éprouve ensuite Avraham en lui commandant de sacrifier Ytshak sur le Mont Moriah. Avraham se lève tôt le matin pour accomplir avec zèle l’ordre divin, Ytshak est lié et placé sur l’autel, mais un ange appelle du ciel Avraham et lui ordonne d’arrêter en disant : "maintenant Je sais que tu crains D.ieu". Avraham lève les yeux, voit un bélier et le fait monter sur l'autel en holocauste à la place de son fils. Et alors, l'ange jure de le bénir : "Je te bénirai et je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer, et ta descendance héritera la porte de ses ennemis. Tous les peuples de la terre seront bénis grâce à ta descendance, parce que tu as obéi à Ma voix".

Nos Sages enseignent que "par 10 épreuves, Avraham Avinou fut testé par HM, et il les surmonta toutes, afin de faire connaître combien était grand son amour pour HM" {Prikei Avot 5;3}, car effectivement, en manifestant dans la difficulté, son courage, sa bravoure et son amour pour le Créateur sans jamais se plaindre, Avraham dévoila aux yeux de tous la grandeur de son âme, et l'expression de sa profonde volonté qui était animée par une Emouna inébranlable en HM.

En réalité, HM n’éprouve une personne que si celle-ci a la capacité de surmonter son épreuve, de sorte que les difficultés qui l'accompagnent lui dévoilent d'abord son réel niveau de confiance en HM avec ses carences, pour le pousser ensuite à évoluer et y remédier en exploitant ses potentiels latents. D'ailleurs, le Rabbi Schneerson disait souvent à celui qui traversait une épreuve : "L’Eternel votre Dieu vous éprouve pour savoir si vous L’aimez. Et lorsqu’HM s’aperçoit que l’on est déterminé dans sa foi en Lui, que l’on met scrupuleusement en pratique la Torah et les Mitsvot, Il fait disparaitre l’épreuve et multiplie la bénédiction, le salut et le succès."

Il en fut ainsi à chaque épreuve qu'Avraham traversa (avec succès), et en particulier pour cette dixième épreuve du Sacrifice d'Ytshak, à travers laquelle il nous a ouvert la voie du "Messirout Nefesh", ce don de soi qui ne repose ni sur la logique, ni même sur un quelconque intérêt personnel, si ce n'est, la soumission totale à la volonté d'HM.

Aussi, s'il est vrai qu'à chaque génération, nos pères et nos mères ont hérité ces valeurs d'Israël depuis notre Patriarche Avraham, et se sont sacrifiés parfois même au prix de leur vie pour sanctifier le nom d'HM et préserver notre héritage, sachons qu'à notre époque, le Messirout Nefesh consiste déjà à :
- sacrifier un peu de son sommeil pour se lever prier au Minian,
- sacrifier de son temps pour le consacrer à l'étude de la Torah,
- sacrifier sa poche pour donner généreuse à la Tsedaka,
- sacrifier sa langue pour ne pas dire de Lachon Hara,
- sacrifier ses yeux pour ne point voir de choses interdites,
- sacrifier son égoïsme pour partager avec autrui,
- sacrifier sa petitesse pour grandir dans ses Midoth,
- sacrifier ses illusions pour assumer sa réalité,
- sacrifier son orgueil et sa colère pour aimer et poursuivre le Shalom,
- sacrifier son amour propre pour investir dans un amour commun au sein de notre peuple et de chaque foyer d'Israël..

Car le sens de la vie d'un juif réside précisément dans l'accomplissement de tous ces sacrifices, ainsi que nous le rappelons dans le Ouva LeTsion : "Béni soit HM de nous avoir créé pour L’honorer et de nous avoir séparé de ceux qui sont dans l’erreur. Il nous a donné une Torah véridique et a implanté en nous la vie éternelle. Qu’Il ouvre notre esprit à la compréhension de Sa Torah et mette dans notre cœur Son amour et Sa crainte pour faire Sa volonté et Le servir d’un cœur parfait.."

Et lorsque la volonté et la détermination atteignent la dimension du Messirout Nefesh héritée d'Avraham afin d'appliquer au quotidien l'ordonnance divine de nous "éloigner du mal et faire le bien" toujours dans la Emouna et la Joie, nous rapprochons indéniablement la venue du Machia'h à qui nous pourrons alors affirmer très bientôt b"h : "voila ce que j'ai sacrifié pour hâter la Gueoula !".

Shabbat Shalom


Shabbat 'Hayé Sarah

La Paracha 'Hayé Sarah fait le récit du 1er mariage juif, celui de Yts'hak et Rivka. Cette union apportera à Yts'hak la consolation suite au décès de sa mère Sarah (à l'âge de 127 ans), et d'elle naîtra notre 3eme Patriarche Ya'akov.

Peu de temps après l'inhumation de Sarah à Hébron, Avraham charge son serviteur Eli'ezer de trouver une épouse à son fils Yts'hak, et l'envoie auprès de sa famille dans la maison de Betouel à 'Haran. Arrivé à destination devant le puits du village, Eli'ezer adresse une prière à HM pour que le signe suivant lui soit donné {24;14} : "La fille à qui je dirai 'veuille pencher ta cruche, que je boive' et qui répondra 'Bois, et je ferai boire aussi tes chameaux', c'est celle que Tu auras destinée à Ton serviteur pour Yts'hak". Et Rachi précise en effet, qu'Eli'ezer recherchait "une fille digne de Yts'hak, qui soit charitable et qui mérite d'entrer dans la maison d'Avraham".

Au premier abord, cette manière de procéder pour trouver une épouse à Yts'hak semble plutôt étonnante, car elle ne permet pas aux futurs mariés de se connaitre avant de consentir à leur union.

Mais en réalité, la Thora souhaite ici nous délivrer un message eternel s'appliquant à toutes les générations sur le choix du partenaire, car l'union sacrée du mariage repose avant tout sur la destinée, permettant les retrouvailles de deux moitiés d'une même âme, qui au fond sont attirées l'une vers l'autre parce qu'elles marchent dans la même direction et visent l'objectif commun d'accomplir ensemble la volonté du Créateur, en quittant à un instant T, l'état déficient dans lequel elles se maintenaient durant leur célibat, le temps de grandir encore, de se préserver et de se parfaire pour mériter chacune leur destinée.

D'ailleurs, nos Sages précisent ici que Rivka se trouvait à 'Haran "comme une rose parmi les ronces", qui d'une manière surprenante préserva chacune de ses pétales jusqu'à ce qu'on vienne la cueillir pour retrouver son âme-soeur pour lequel elle était restée digne. Fille de Betouel l'impie et soeur de Lavan le cupide, elle va depuis toute jeune se distinguer de son entourage en adhérant entièrement aux enseignements d'Avraham qui leur transmettait par courrier les bases de la Emouna d'Israël et tentait de leur faire acquérir des valeurs saines et des comportements judicieux, non seulement envers HM mais aussi envers autrui, en exploitant la vertu de 'Hessed (la bonté) dans toute sa splendeur.

C'est pourquoi, lorsque l'occasion de s'unir à Yts'hak se présenta, Rivka n'hésita pas un seul instant à quitter la maison de son père : "Ils dirent 'Appelons la jeune fille et demandons son avis'. Ils appelèrent Rivka et lui dirent 'Pars tu avec cet homme ?' Et elle répondit 'Je pars'." Et Rachi {24;58} précise que Rivka disait "De par moi-même je pars, même si vous ne voulez pas".

Cette détermination exemplaire de Rivka dans son choix, rappelle ô combien l'enjeu de la vie est important et repose sur le libre arbitre de chacun, de fuir le mal et faire le Bien, comme nous l'enseigne le Rambam : "Chaque homme reçoit le libre arbitre. S'il veut tendre vers la voie du bien et être un Tsadik, il en a la possibilité. S'il veut tendre vers la voie du mal et être un Racha, il en a également la possibilité." (Hilkhot Techouva, 5).

Après tout, peu importe le lieu natal d'une personne, les valeurs de son entourage et les paramètres de sa vie, puisque tout cela est préalablement fixé par la Providence Divine. HM accorde à chacun la force de parvenir à faire les bons choix pour rester attaché à notre Torah de vie, comme nous le démontre ici Rivka qui, issue d'un milieu très bas spirituellement, fera le choix de quitter la maison de son père tout comme l'avait fait Avraham (dans Lekh Lekha), pour adopter le même mode de Vie que Sarah, 'Hayé Sarah !

Ainsi, la foi inébranlable de Rivka face aux mauvaises influences, la préservation de sa pudeur, et les belles valeurs qu'elle incarnait, lui ont offert le privilège de s'unir à Yts'hak pour que la lumière de la Chekhina réside au sein de leur foyer, dans l'harmonie, l'amour et la paix, et engendrer ensuite Ya'akov qui deviendra Israël.

Shabbat Shalom


Shabbat TOLDOT

La Parasha Toldot commence par le verset suivant : "Et voici la postérité d'Yts'hak fils d'Avraham, Avraham engendra Yts'hak", et la tournure de cette phrase met en évidence d'une certaine manière que "la postérité d'Yts'hak" est en fait l'héritage éternel suivant que nous a transmis Avraham notre père : "Avraham engendra Yts'hak", c'est à dire le rire (Ts'hok), la joie, le bonheur.

Or, il n'existe de joie véritable pour un juif, que lorsque celui-ci marche dans les voies d'HM en étant animé par la profonde Emouna héritée de nos Patriarches, qui lui permet de vivre intensément son quotidien dans la simplicité et la sincérité du cœur, avec une totale confiance en la Providence Divine.

D'où le célèbre enseignement de Rabbi Na'hman de Breslev : "il est une grande Mitsva d'être toujours joyeux", et sa recommandation à chacun de toujours prier pour sa postérité (ses enfants), mais aussi pour sa descendance éternelle qu'est l'accomplissement de ses Mitsvot et la réalisation de sa part dans la Torah, afin de perpétuer de génération en génération ce précieux héritage d'Avraham, de servir HM dans la Emouna et la joie.

C'est pourquoi, lorsque l'on se trouve face à une difficulté, il faut garder à l'esprit que "la récompense est à la mesure de l'effort" {Avot 5;22} dans ce monde-ci dans une certaine mesure, mais surtout dans le monde futur comme le précise Roi David : "ceux qui sèment avec des larmes, récolteront avec joie" {Tehilim 126}.

D'ailleurs, le prénom Yts'hak vient du verbe rire (Lits'hok) conjugué au futur, et se traduit par : "il rira", pour nous signifier qu'à la fin des temps HM dévoilera toute la lumière qui se cachait derrière l'obscurité de chaque exil en général et de chaque épreuve en particulier, que le peuple d'Israël dû traverser en restant attaché à Lui et à Sa Torah de Vie. Et alors, chacun "rira" le cœur rempli de joie de voir que tout était pour le bien véritable dans les plans du Créateur, même ce que nous trouvions parfois difficiles ou même inadmissibles à travers nos regards de chair si limités.

En réalité, nos Sages enseignent que la dimension réelle de la Emouna d'Israël permet d'emblée dans l'épreuve, de pouvoir discerner la nature profonde des événements de la Vie que nous traversons, et dévoile au fond que l'aspect positif du mal transformé en bien est plus extraordinaire que celui du bien d’emblée créé comme tel. Et ce ressenti profond dans la vie quotidienne est accessible par chacun de nous, puisque nous sommes tous "croyants fils de croyants" et que par définition, la Emouna transcende l'intellect qui pour sa part, octroie à l'homme une capacité limitée lui permettant de distinguer le bon du mauvais, le vrai du faux ou l'essentiel du superficiel.

A ce propos, lorsqu'HM fit le choix d'occulter la vu à Yts'hak, Il lui retira la faculté de pouvoir constater de ses propres yeux que son fils 'Essav était un Racha' qui ne méritait pas ses bénédictions. Et de la sorte, la Providence voulait qu'Yts'hak n'en vienne pas à transmettre intentionnellement ses bénédictions à son fils méritant, Ya'akov le Tsadik ! Ainsi qu'il est dit : "Yts'hak était devenu vieux, et ses yeux se sont obscurcis", "afin que Ya'akov puisse dérober les bénédictions" à son frère 'Essav. {Rachi 26;1}.

A l'évidence et contre toute logique, la Providence Divine ne souhaitait pas qu'Yts'hak revienne sur sa décision de vouloir bénir 'Essav, à un tel point qu'il devint non-voyant dans ses années de vieillesses, entre autre pour ne pas avoir connaissance du comportement indigne de celui-ci, et aussi pour ne pas reconnaitre Ya'akov qui se présentera à sa place pour dérober la bénédiction.

Tout ceci nous enseigne le Divrei Ye'heskel, pour la raison profonde suivante dans la calculs d'HM : Yts'hak savait certes que 'Essav n'était pas parfait (puisqu'il dira "cette voix (sage) est celle de Ya'akov, mais ces mains sont les mains de 'Essav" {voir Rachi 27;22}), et s'il avait su qu'il était un vrai Racha' il aurait évidemment décidé de bénir plutôt Ya'akov le Tsadik, mais alors nous aurions tous admis que les enfants de ce dernier ne pourraient à leur tour hériter de cette bénédiction qu'à la condition d'être des Tsadikim dignes de leur père Ya'akov !

Or, puisque Yts'hak a transmis ses bénédictions à Ya'akov en pensant qu'il s'agissait de 'Essav (qui faisait des fautes), celles-ci resteront désormais toujours d'actualité même s'il arrivait (Dieu préserve) que les enfants de Ya'akov soient dans l'erreur en adoptant les mauvais comportements de 'Essav.

Ainsi, grâce à ce scénario établi par la Providence Divine où Ytshak transmit à son insu ses plus belles bénédictions à Ya'akov (Israel), celles-ci sont devenues inconditionnelles et éternelles pour nous, les Bné Israël.

Shabbat Shalom


Shabbat VAYETSE

La Parasha Vayetsé raconte que Ya'akov quitte Béer Sheva sur le conseil de sa mère Rivka, pour échapper à son frère Essav qui projetait de le tuer du fait qu'il venait de lui dérober ses propres bénédictions délivrées par leur père Yts'hak. Pour éviter le conflit, Yts'hak recommande vivement à Ya'akov d'aller se réfugier à 'Haran chez son oncle maternel Lavan, et de prendre pour épouse une de ses filles.

Arrivé à 'Haran, Ya'akov travaille pour Lavan pendant 7 années afin d'épouser sa fille cadette Ra'hel (qu'il aimait), mais c'est l'ainée Léa, qui prend sa place le soir du mariage, et Ya'akov ne découvre la tromperie (orchestrée par Lavan) qu'au petit matin. Il n'épousera donc Ra'hel, qu'une semaine plus tard, après avoir accepté de servir Lavan 7 années de plus.

Alors que Ra'hel reste stérile, Léa donne naissance à 6 garçons (Réouven, Shim'on, Lévy, Yéhouda, Yssakhar, Zevouloun) et à une fille (Dina). Ra'hel donne ensuite à Ya'akov sa servante Bilha comme épouse qui engendrera (Dan et Naftali), Léa agit pareillement avec sa servante Zilpa qui donnera naissance à (Gad et Asher). Finalement Ra'hel met au monde son 1er enfant (Yossef) et comme nous le verrons dans la Parasha suivante, elle aura un 2e garçon du nom de (Biniamin) après avoir quitté la maison de Lavan.

C'est dans ce contexte que Ya'akov engendrera les 12 Tribus d'Israël, et bien que les conditions de vie aux cotés de Lavan le roublard étaient difficiles sur les plans matériels et spirituels, il connaitra la prospérité en dépit des stratagèmes de ce dernier, notamment durant 6 autres dernières années de travail.

De ce long parcours parsemé d'embuches, Ya'akov parvient au bout du compte à bâtir les douze branches principales du saint arbre généalogique d'Israël, et nous délivre ainsi, d'extraordinaires enseignements de vie et d'espoir pour l'eternité.

En effet, nos Sages enseignent que "les actions des pères sont un signe pour leurs enfants", et ici, lorsque notre patriarche Ya'akov est contraint de quitter Beer Sheva (un endroit de Torah) pour résider à 'Haran (un endroit spirituellement bas) chez Lavan l'impie, il va démontrer que chaque enfant d'Israël a toujours le potentiel, et donc la responsabilité de mener à bien sa mission ici bas, en ne s'écartant point des voies d'HM, même s'il se retrouve dans un milieu éloigné du domaine de la sainteté, entouré de gens tortueux qui ne se conforment pas aux valeurs morales de base et qui l'exposent parfois à beaucoup de souffrances et d'injustices.

En outre, puisque la Providence Divine guide les pas de l'homme c'est donc nécessairement qu'HM confie à chacun une mission particulière à chaque endroit où il se trouve pour se réaliser, notamment dans les endroits les plus bas, ainsi que l'enseigne le Pirké Avot (2;5) : "Là où il n'y a pas d'homme, efforce toi d'être un homme", et il s'agit alors, de préserver son intégrité et d'accomplir ses devoirs en restant attaché à HM, à Sa Torah et Ses Mitsvot, jusqu'à que l'obscurité de l'épreuve se transforme en lumière.

Après tout, chaque difficulté de la vie est une invitation à vivre notre profession de foi, de s'en remettre entièrement à HM, le Maître de tout l'univers Qui fait toujours ce qu'il faut pour notre Bien véritable et Qui au final accorde le salut, ainsi que le précise le Roi David dans le Psaume 37 : "Le salut des justes vient de l'Eternel, Il est leur force au temps de la détresse. L'Eternel les aide et les délivre, Il les délivre des méchants, Il les sauve, car ils se sont abrités en Lui".

Ainsi, de cet épisode qui relate la naissance des tribus d'Israël, Ya'akov nous dévoile qu'en vivant par la Emouna d'Israël (Ya'akov s'appelle aussi Israël), toutes les barrières finissent par se briser, les pièges des méchants sont déjoués, la famille est préservée (les 12 enfants de Ya'akov étaient Tsadikim), et les Bénédictions se multiplient.

Shabbat Shalom

Shabbat Vayishla'h

Sur le chemin du retour en Terre Sainte, Ya'akov envoie des messagers (des anges) vers son frère 'Essav dans l'espoir d'une réconciliation, mais ces messagers reviennent aussitôt lui rapporter que "Essav le méchant persiste dans sa haine" et qu'il vient à sa rencontre accompagné de 400 hommes armés {Rachi 32;7}. La Torah affirme alors que "Ya'akov eut très peur et fut angoissé" {32;8}, et le Berechit Rabba vient nous péciser que d'une part, Ya'akov avait peur d'être tué, et que d'autre part, il était angoissé d'avoir peut-être à tuer autrui.

En réalité, lorsque notre patriarche Ya'akov éprouve de profonds sentiments d'angoisse à l'idée même de parvenir à exterminer son frère 'Essav le Moumar (renégat) et ses 400 soldats, il nous révèle finalement que ce type de victoire au détriment de l'autre, n'apporte aucune satisfaction véritable puisque la nature profonde d'un Juif consiste essentiellement à se soucier du bien-être de son prochain quel qu'il soit, et ce, sur le plan matériel et le plan spirituel, en faisant de lui un partenaire et non un adversaire, en "aimant la paix et en la poursuivant" (Avot 1;12).

C'est pourquoi, en faisant preuve d'humilité et en exprimant sa totale confiance en la Providence Divine Qui éprouve l'homme pour le pousser à exploiter en lui de plus grands potentiels, Ya'akov va préférer tenter dans un ordre bien établi, les 3 recours suivants :

1) D'abord, la remise en question personnelle sur le plan spirituel, qui consiste à se rectifier soi-même et à se parfaire au moyen d'une Techouva sincère, et ainsi, à se rapprocher d'avantage d'HM tout en implorant Sa miséricorde par la Téfila et en invoquant les mérites des Patriarches afin d'annuler les mauvais décrets qui pèsent sur lui.

2) Ensuite, l'effort personnel sur le plan matériel afin d'éveiller la Bonté dans le coeur de son adversaire en lui offrant des Cadeaux et en lui affichant des marques de respect et de considération pour apaiser sa colère. Car la colère est très souvent l'expression grossière de l'égo blessé de l'homme qui n'est plus soumis au contrôle de l'esprit, et qui agira selon ses instincts.

3) Puis, en dernier recours seulement, agir avec rigueur face à l'intransigeance de l'adversaire, en se préparant à la guerre. D'ailleurs, cette option devient une véritable Mitsva lorsqu'il s'agit de sauver sa vie face à un ennemi dépourvu de toute sagesse, qui persiste dans sa cruauté à penser pouvoir trouver une quelconque satisfaction qu'à travers l'anéantissement de l'autre, et qui n'apporte malheureusement que destruction au sein de notre peuple.

Ainsi, face à la discorde, la Torah témoigne que Ya'akov parvint finalement à éviter la guerre en faisant le choix d'œuvrer au maximum et en priorité pour la rectification de soi (Téchouva & Téfila) et l'effort personnel (actes de concession & réconciliation), jusqu'à faire disparaitre tout le mal de l'épreuve, puisqu'au final "Les 400 hommes qui accompagnaient 'Essav s'étaient dispersés chacun de son coté" {Rachi 33;16} et 'Essav lui-même finit par se réconcilier avec Ya'akov.

Et puisque nos Sages enseignent que "les actions des pères sont un signe pour leurs enfants", il devient urgent pour chacun de nous, de devoir oeuvrer au maximum pour une Ahavat Israël inconditionnelle et gratuite, afin que notre exil actuel de la haine gratuite puisse être réparé et que notre Juste Machia'h puisse se dévoiler.

Shabbat Shalom

Shabbat Vayeshev

A l'époque, les rêves étaient prémonitoires et dans notre Parasha, Yossef va raconter à ses frères les 2 rêves qu'il a fait :
1) "Nous attachions des gerbes au milieu du champs. Vos gerbes entourèrent la mienne et se prosternèrent a elle."
2) "Le soleil, la lune et 11 étoiles se prosternaient devant moi."

Puis, lorsque Yossef va à nouveau les raconter à son père Ya'akov, ce dernier va le blâmer pour tenter d'apaiser la colère de ses frères en s'exclamant : "Eh quoi ! Nous viendrions, moi et ta mère et tes frères, nous prosterner à terre à tes pieds !", mais en dépit de cette remontrance, les frères vont continuer de le jalouser, et décideront par la suite de le vendre en esclave en faisant croire à leur père qu’une bête sauvage l'avait dévoré..

Nos Sages soulignent ici que les 2 rêves de Yossef donnent bien lieu à la juste interprétation qu'en a déduis Ya'akov, et si la Providence Divine a voulu que Yossef fasse 2 rêves similaires plutôt qu'un seul, c'est pour en tirer plusieurs enseignements.

Le Rabbi Menahem Mendel Schneerson fait notamment remarquer que le 1er rêve projette d'emblée les Tribus d'Israël dans le monde de l'action, pour signifier que chacun de nous a un travail à accomplir ici bas, et aussi, le devoir de se soumettre au Tsadik et de s'attacher à ses enseignements, afin de pouvoir mener à bien la mission qui nous incombe dans le projet commun d'Israël, dont l'objectif est de dévoiler la divinité dans ce monde matériel.

En outre, le 1er rêve parle de choses terrestres (gerbes) alors que le 2nd parle de choses célestes (astres), et la Torah veut ainsi nous dévoiler qu'à chaque expérience de sa vie, un juif influe sur les 2 mondes à la fois, le monde matériel ici bas et le monde spirituel de son Olam Haba. Ce qui n'est pas le cas d'un non-juif, comme nous le verrons plus tard avec Pharaon qui fera lui aussi 2 rêves, mais tous-deux liés exclusivement aux choses terrestres (les vaches & les gerbes), comme pour signifier que sa mission s'arrête à ce monde matériel et qu'elle connait une limite dans la portée de son libre arbitre.

En réalité, la Providence Divine établit dés le départ tous les paramètres de la vie ici bas, pour laisser place au libre choix de chacun, de pouvoir exploiter le matériel qui l'entoure afin d'opérer une rectification (Tikoun) dans la dimension spirituelle qui lui est liée, et accomplir ainsi la volonté du Créateur.

C'est pourquoi, le Tanya rappelle que "le but de la création de chaque Juif et de la création de tous les mondes est de faire une Maison pour HM ici-bas" (chap 33), en faisant de nous-mêmes, de nos maisons et du monde qui nous entoure un endroit où HM puisse résider, en étudiant Sa Torah et en accomplissant Ses Mitsvot, et surtout en Lui manifestant notre authentique Emouna héritée de nos pères et de nos Tsadikim.

La Emouna étant la confiance absolue en HM dans l'adéquation des expériences qu'Il nous fait vivre, sans jamais distinguer le matériel qui nous entoure de sa dimension spirituelle sur laquelle repose finalement tout le sens de la vie du peuple d'Israël. D'où l'enseignement de Rabbi 'Hanina : "Tout est entre les mains du Ciel sauf la crainte du Ciel" (Brakhot 33B), puisque seuls les choix moraux et spirituels sont entre les mains de l'homme.

D'ailleurs, la réaction de Yossef face à ses frères est exactement l'enseignement de Vie à suivre, du Tsadik qui vit par sa Emouna. Toujours confiant, il ne s'arrêtait jamais à l'aspect extérieur de ses épreuves aussi difficiles soient-elles, car il savait que cela faisait parti de sa destinée dans le projet divin, et qu'il devait s'efforcer de grandir dans sa Emouna jusqu'à accéder à la grandeur Spirituelle & Matérielle qui lui permette ensuite de venir en aide à ses frères et à sa famille en Egypte, sans jamais éprouver le moindre sentiment de rancune ou de vengeance à leur égard.

Ainsi, les péripéties de Yossef nous prouvent une fois de plus, que derrière chaque expérience de la vie d'un Juif qui semblerait être à première vu sombre ou difficile, se trouve l'occasion exceptionnelle d'établir une plus forte proximité avec HM en effectuant son Tikoun, et de la sorte, de rapprocher la Délivrance Messianique en dévoilant de nouvelles lumières spirituelles qui permettront de réaliser avec clairvoyance qu'il n'y avait au final que du Bon. Hakol Letova !

Shabbat Shalom

Shabbat MIKETS

Yossef interprète les 2 rêves de Pharaon comme étant une prédiction imminente de 7 années d'abondance qui seront suivies de 7 années de famine, et recommande d'emmagasiner dés à présent du blé pour constituer des réserves sous la possession de Pharaon, qui seront une ressource pour le pays durant la période de famine. L'ingéniosité de Yossef plut beaucoup à Pharaon qui le nomma aussitôt gouverneur d'Egypte.

Lorsque la famine s'étend en terre de Kena'an, Ya'akov envoie ses 10 garçons (sans Biniamin) en Egypte pour y acheter du blé auprès du gouverneur (Yossef) qui avait la charge de le commercialiser. A leur arrivée, seul Yossef les reconnait et remarque à présent que ses rêves se réalisent, puisque "ils se prosternèrent devant lui, la face contre terre". Mais aussitôt, il va les accuser d'être des espions et les mettre en prison durant 3 jours.

Cette attitude de Yossef vis à vis de ses frères est pour le moins surprenante, mais nos Sages nous font remarquer qu'elle était pleine de bonnes intentions.

Tout d'abord, le Min'ha-Beloula souligne que Yossef craignait que ses frères découvrent son identité en poursuivant leur recherche auprès des Egyptiens, et il va donc faire preuve de ruse en les accusant d'emblée d'espionnage pour mettre un terme à leur enquête et les empêcher de communiquer avec autrui. Quant à la décision de les garder en prison, l'objectif était de leur faire vivre une situation si injuste et si difficile, qu'elle les incitera à se tourner vers HM et à faire Techouva.

En effet, jusqu'à présent et durant des années, chaque frère vaquait à ses occupations personnelles sans vouloir se remettre en question au sujet des malheurs qu'ils avaient causés à leur propre frère par haine et jalousie.. Mais une fois faits prisonniers et leur amour propre brisé, les 10 frères n'avaient pas d'autres choix que de s'accabler sur leur sors et d'effectuer leur introspection, jusqu'à parvenir à la conclusion que la faute de s'être cruellement comporté avec leur jeune frère 22 années auparavant était bien la cause de leur pénible situation actuelle.

Ainsi, en regrettant amèrement tous leurs mauvais comportements, ils accédèrent exactement à la Techouva qu'il fallait pour que la Providence Divine leur accorde le Salut et leur dévoile en fin de compte, qu'il ne s'agissait là que d'accepter de vivre dans la réalité les rêves prémonitoires de Yossef, comportant certes au départ un épisode difficile et sombre de 22 ans, mais au bout duquel une extraordinaire lumière était réservée à la maison de Ya'akov (Israël), tous en Egypte avec Yossef au pouvoir, à l'abri de la famine et de bien d'autres mésaventures..

C'est pourquoi, aussi difficiles que soient nos épreuves (entre un homme et son prochain, et vis à vis d'HM), l'essentiel est de toujours agir avec sagesse en gardant précieusement les valeurs d'Israël, et de s'empresser de réparer toutes nos erreurs passées par la Techouva afin de dévoiler la lumière qu'HM nous avait destinée pour éclairer le monde entier.

C'est tout celà l'objectif fixé par la Providence Divine qui guide nos pas et planifie toutes nos rencontres, dont le but essentiel est de nous faire connaitre l'évolution spirituelle permettant de traverser avec succès chaque épreuve de la vie, et ce, sans jamais sombrer grâce à la Emouna d'Israël ! Comme le disait le Roi David : "les pas de l'homme sont préparés par HM, et Il prend plaisir à sa conduite (intègre). S'il tombe, il ne sera pas renversé, car HM soutient sa main." (Tehilim 37;23)

Shabbat Shalom & Hanouka Samea'h

Shabbat Vayigash

Après avoir intentionnellement tourmenté ses frères pour les inciter à s'en remettre entièrement à HM et à faire Techouva, le Gouverneur d'Egypte dévoile enfin sa vraie identité : "Approchez-vous de moi, je vous prie.. je suis Yossef votre frère, moi que vous avez vendu en Egypte" !

Ce terrible moment de vérité suscita en eux des sentiments de honte vis à vis de leur jeune frère qu'ils avaient effectivement vendu en esclave, et c'est pourquoi, il décida aussitôt de les rassurer en les priant de s'approcher de lui, "il leur parla avec douceur en les suppliant, et leur montra qu'il était circoncis" {Rachi 45;4}.

En effet, nos Sages enseignent que la circoncision représente symboliquement une invitation pour l'Homme à parfaire l'univers et à se parfaire soi-même matériellement et spirituellement, et ici, Yossef souhaitait démontrer à ses frères que pour sa part, il avait réussi à atteindre cet objectif durant son exil en Egypte, en restant un homme intègre (Tsadik) chez qui, l'apparence extérieure reflète son for intérieur, au moyen de la circoncision du corps (dans l'action), de la langue (dans la parole) et du cœur (dans la pensée).

En outre, Yossef affirme à ses frères qu'il ne porte aucun sentiment de haine ou de rancune dans son cœur : "Et maintenant, ne soyez pas tristes, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m'avoir vendu ici, car c'est pour la subsistance qu'HM m'a envoyé avant vous.. pour vous sauver d'une grande délivrance" {45;5}, et de la sorte, la Torah témoigne de sa grandeur d'homme qui inspire la véritable Emouna d'Israël.

Car effectivement, même dans les pires situations, Yossef avait gardé la conviction que le cadre de son existence était fixé dans les moindres détails par la Providence du Créateur pour son bien le plus grand, et qu'importent les choix ou les actes de ceux qu'il croisait sur son chemin, y compris ceux de ses propres frères dont l'intention était de lui faire du mal.. Après tout, "Nombreuses sont les conceptions dans le cœur de l'homme, mais c'est le destin de l'Eternel qui se réalisera" (Michlé 19;21), et "Tous les sentiers de l'Eternel sont bonté et vérité, pour ceux qui gardent Son alliance et Ses préceptes" (Tehilim 25;10).

A la suite de ces retrouvailles, notre Parasha relate que : "Yossef se jeta au cou de son frère Biniamin et pleura, et Biniamin aussi pleura à son cou", et Rachi {45;14} explique que "Biniamin pleura pour la destruction du futur sanctuaire de Chilo, construit sur le territoire de Yossef. Et Yossef pleura pour la destruction des 2 sanctuaires de Jerusalem, construits sur le territoire de Biniamin".

Cependant, cette explication de Rachi soulève ici une interrogation lorsque l'on remarque que chacun pleure uniquement pour le malheur de son frère et pas pour son propre malheur, et le Rabbi Menahem Mendel Shneerson déduit de là, une leçon de vie pour chacun de nous.

En effet, Rachi parle ici de sanctuaires communautaires dans lesquels réside la Chekhina et où le peuple d'Israël approche des sacrifices pour expier ses fautes, mais il existe aussi un sanctuaire individuel que chaque juif peut construire dans son intellect et dans son cœur lorsqu'il suscite au quotidien un lien profond avec HM, ou alors, détruire dans le cas inverse (HM Yichmor).

De la sorte, lorsqu'un juif détruit par ses fautes son propre sanctuaire et ne prête pas attention aux conseils de son frère qui souhaiterait l'aider, il semble naturel pour ce dernier de pleurer et de compatir à l'échec de son frère qui s'obstine à détruire son propre sanctuaire. Par contre, lorsque notre propre sanctuaire est en péril, à quoi bon pleurer sur notre propre sors en restant inerte, alors qu'il suffit de se prendre en main pour préserver et bâtir notre sanctuaire individuel, en améliorant nos Midoth, en multipliant nos bonnes actions... et donc, en réalisant la circoncision de nos actions, de nos paroles et de nos pensées.

Et puisque nos Sages comparent également la construction d'un foyer juif à l'édification d'un sanctuaire par le couple {Yebamot 64A}, il devient évident que la marche à suivre pour l'homme et la femme consiste là encore à se prendre en main en investissant au quotidien leurs efforts dans la construction de leur propre sanctuaire individuel afin de pouvoir s'adapter à l'évolution continue de leur projet commun, et réussir ainsi à préserver et à bâtir le sanctuaire de leur foyer conformément aux valeurs de Moché et d'Israël.

Shabbat Shalom

Shabbat Vaye'hi

Le nom de notre Parasha est Vaye'hi (il vécut), et celui-ci est tiré du 1er verset : "Ya'akov vécut dans le pays d’Egypte 17 ans; la durée de vie de Ya'akov fut de 147 ans".

Aussi, puisqu'en langue sainte le nom qui désigne une chose porte en lui l'essence même de cette chose, nos Sages déduisent du nom Vaye'hi que les 17 années que Ya'akov "vécut" en Egypte et qui sont relatées dans notre Parasha, furent pour celui-ci, les plus belles années de sa vie. D'ailleurs, le nombre 17 est exactement la valeur numérique du mot Tov (bon).

Pourtant, à première vu, la décente de Ya'akov en Egypte matérialise pour le peuple juif le début de l'exil accompagné de son épaisse obscurité spirituelle. Alors comment comprendre que Ya'akov "vécut" ses meilleures années en Egypte ?

L'Admour Hazaken répond à cette interrogation en nous rappelant que dans la Parasha précédente (Vayigash) : "Ya'akov envoya Yéhouda en avant de lui, vers Yossef, pour qu'il lui prépare l'entrée à Gochen", et le Midrash Hagada révèle qu'il devait "lui préparer une maison d'étude d'où sortira l'enseignement". Or le terme "enseignement" se dit en hébreu Hora-a et a la même racine que le mot Torah.

De la sorte, il fut possible de "vivre" en Egypte et d'y apprécier doublement la lumière de l'enseignement puisqu'elle repoussait l'obscurité de l'exil.

Et puisque notre Torah de vie est aussi une Torah de vérité, rappelons que Ya'akov incarne la vertu de EMET (vérité) comme il est dit dans {Mikha 7} : "Qui donne le EMET à Ya'akov, la bonté à Avraham..", et nos Sages enseignent qu'’il n'existe pas de barrières qui puissent se dresser longtemps face à celui ou celle qui vit une vie remplie de EMET.

D'ailleurs, le terme EMET s'écrit en hébreu (Alef-Mem-Tav) comme pour nous signifier que depuis le 1er jour de notre vie ici bas (Alef) jusqu'au dernier (Tav), nous devons et pouvons tout comme notre patriarche Ya'akov, traverser avec succès le (Mem) de Mitsraïm (l'Egypte) ou plus généralement le (Mem) des Metsarim (barrières de l'epreuve), et vivre ainsi une vie de EMET !

Pour se faire, peu de lumière repousse beaucoup d'obscurité, et plus cette dernière est épaisse, plus la splendeur de la lumière resplendit et est appréciée.

Ainsi, plus une personne renforce son lien avec HM dans la difficulté en étudiant Sa Torah et en accomplissant Ses Mitsvot, plus ses sentiments d'amour et de reconnaissance envers Lui grandiront, et alors, tous les maux disparaitront. Toujours confiante et joyeuse, elle s'efforcera de donner le meilleur d'elle-même en traversant toutes les épreuves de sa vie sur la voie de la vérité où l'absurde et l'obsolète ne font pas le poids face à l'essentiel, et où le mensonge ne peut tenir face à la vérité.

Shabbat Shalom
'Hazah 'Hazak venit'Hazek

Voir aussi
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