Heshbon Nefesh


A Avihaï AMAR – Sivan 5772
Qu'Hachem te protège mon fils, pour que tu puisses suivre le chemin des Tsadikim VaHassidim Yr'é Shamaïm,
t'eloigner du mal et faire le bien, toujours dans la Sim'ha et la Emouna... Amen !

De tout temps, le peuple juif a entretenu une relation de proximité privilégiée avec Hachem, l'invitant au quotidien à l'eveil de sa conscience, principalement gàce à l'application et au respect des commandemants de la Torah, déclinés en "Mitsvot negatifs" et "Mitsvot positifs", qui consiste respectivement à développer ses sentiments de crainte en "s'écartant du mal" et à développer ses sentiments d'amour en "faisant le bien". Avec bien entendu, une définition du "bien" et du "mal" conforme à celle de la Torah dans sa dimension matérielle (vu de nos propres yeux), et sa dimension spirituelle (pour le Tikoun de notre âme, d'aprés la Hassidout et la Kabala).

L'entretien d'un tel rapport entre le peuple juif et son Créateur, requièrt alors une démarche de remise en question individuelle, de réflexions internes et d’autocritiques, pour identifier et réparer ce qui ne va pas, afin d'amèliorer notre relation à la fois sur le plan vertical (entre Hachem et nous même), mais aussi sur le plan horisontal (entre nous-même et autrui).

En hébreu moderne, on appelle ce processus le "Heshbon nefesh", pour la réparation de l'âme "Tikoun Hanechama".

A ce propos, le Rabbi de Loubavitch disait dans une de ces Si'hot (Extrait du Hayom Yom du 16 Sivan) que nos premiers Sages affirmaient déjà que la guérison de l'âme etait comparable à celle du corps. Et la première étape, qui est cruciale, consiste à circonscrire l'endroit de la maladie : Vient-elle du fait que le corps est grossier et corrompu, ou bien y a-t-il une déficience des forces de l'âme, une attirance pour le mal, de l'orgueil ou un mensonge ? Ou encore la source de la maladie est-elle l'habitude, le mauvais pli qui découle d'une éducation inadéquate ou d'un entourage négatif ?

Tant que n'est pas clairement établi l'endroit de la maladie et la raison de l'affection, il est impossible d'envisager la guérison. Il faut prescrire un comportement judicieux dans tous les domaines, dans ce qu'on accomplit et dans ce dont on s'abstient, "fais le bien" par l'accomplissement des Mitsvot, la fixation de temps pour l'étude, l'acquisition de traits de caractère positifs et également "éloigne-toi du mal".

Cependant, le plus important est que le patient prenne conscience de deux éléments:

  1. Il doit savoir qu'il est malade et éprouver un profond désir de guérir.

  1. Il doit être informé qu'il peut guérir, doit s'emplir d'espoir et s'en remettre totalement à D.ieu, Qui le guérira de sa maladie.

A propos de la notion spirituelle de maladie et guèrison de l'âme, voici un Dvar Torah que j'avai entendu de rav David Pinto, il y'a de celà quelques années (en 2008).

La Guemara nous enseigne que "la recompense d'une Mitsva n'existe pas dans ce monde-ci, mais uniquement pour le monde futur, et tout ce que l'on possede (la vie, la santé, les biens...), tout provient par la Bonté d'Hachem".

Pourtant, avec toutes ces Mitsvot parfois ô combien difficiles à realiser ici bas, nous pourrions nous étonner de ne pas avoir au moins une petite recompense dans ce monde ci ? Et d'ailleurs, est ce que cette réclammation ne serait pas legitime ?

Pour y répondre, les Sages nous expliquent que lorsqu'un homme se trouve 'Hass-veshalom entre la vie et la mort, et qu'il doit subir une operation delicate, il n'hésite pas à rechercher le plus grand Chirurgien ou Professeur pour se donner toutes les chances de se soigner parfaitement, parfois même au prix le plus fort. Et dans une telle situation, il est evident qu'il incombe au patient malade de payer son guerisseur et non l'inverse.

De même, nous sommes dans ce monde parceque notre âme est en quelques sortes malade spirituellement, et nous devons la reparer et la soigner, en la faisant grandir et evoluer au moyen de Torah & Mitsvot jusqu'à pouvoir Leatid Lavo jouir de la Chekhina d'Hakadosh Baroukh Hou. Et qu'importe si le passage est ardu et parsemé d’embûches! il faut y faire face car le but de toute la création, l'ultime raison d’être de toute existence dans ce monde-ci, c'est l'accès au "Olam Haba".

Lorsque l'on comprend ainsi le but de la vie, qui d'entre nous serait l'insensé qui oserait demander une recompense pour avoir accompli une Mitsva ? Alors que la Mitsva elle même le soigne, et qu'elle est son guerisseur.

Kol touv

Yoël.A