"La vérité vs Le mensonge"

A Avihaï AMAR – Tamouz 5772
Qu'Hachem te protège mon fils, pour que tu puisses suivre le chemin des Tsadikim VaHassidim Yr'é Shamaïm,
t'eloigner du mal et faire le bien, toujours dans la Sim'ha et la Emouna... Amen !

Aujourd'hui plus que jamais, il est fondamental de découvrir et de partager les enseignements de la Hassidout du Baal Chem Tov zts'l, qui aident à acquérir une meilleure connaissance de soi et à grandir dans sa Emouna. Si la Torah est assimilée au plat de resistance qui nourrit l'âme juive, la Hassidout elle, est l'épice indispensable qui permet de nous rapprocher de notre Créateur, toujours dans la joie, en aspirant à l'ultime "vérité" qui se cache derrière le masque de ce monde.

La Kabbala nous enseigne que la Torah est écrite en une "langue sainte", un hébreu biblique qui a la particularité de désigner une chose par une combinaison de lettres saintes (un mot) qui dévoilent l'essence même de la chose dont il est question. Ainsi, le terme "vérité" se dit en hébreu EMET et s'écrit אמת (Alef א)(MEM מ)(Tav ת), et nos Sages nous font remarquer que le mot אמת porte en lui le but de la vie de l'homme sur terre :

Alef א : Première lettre de l'alphabet, faisant référence au premier jour de la conception de l'homme.

MEM מ : Cette lettre a une valeur numèrique égale à 40 qui symbolise la naissance et la vie. (ex : Il y'a les 40 ans dans le désert avant que le peuple d’Israël hérite de la terre et que naisse une Patrie. Il faut 40 Séa d'eau dans un Mikvé pour que l'on puisse s'y tremper et se purifier. Il a fallu 40 jours/40 nuits au mont Sinaï, pour que Moché redescende avec les Tables de la loi et donner ainsi naissance au peuple Juif. Nous avons 40 jours de Seli’hot avant Kippour, pour faire Techouva et remettre nos compteurs spirituels de fautes à Zéro...)

Tav ת : Dernière lettre de l'alphabet, faisant référence au dernier jour de la vie de l'homme sur terre.

Chaque homme est donc invité à faire son bout de chemin, depuis le premier jour de sa conception où l'âme se revet d'un corps (symbolisé par le Alef א), jusqu'au dernier jour où l'âme retourne à sa source (symbolisé par le Tav ת), pour traverser les épreuves necéssaires à l'évolution de son âme, qui seront à chaque étape de sa vie des occasions ultimes pour se perfectionner et se rapprocher de la source de vie (symbolisée par le MEM מ), qui n'est autre que la source de vérité (symbolisée par le mot en entier, vérité - EMET - אמת).

Dans le Likouté Moharan, il est expliqué que par le mensonge, l'homme repousse Dieu car "celui qui profère des mensonges ne subsistera pas devant Moi" {Tehilim 101}, tandis que gràce à la vérité, l'homme mérite de trouver une issue à l'obscurité, car l'essence de la lumière qui illumine, c'est Dieu, comme il est écrit : "Hachem, ma lumière et mon secours" {Tehilim 27}. Ainsi, Hachem réside en l'homme de vérité et l'éclaire afin qu'il sorte de l'obscurité qui en général l'empèche d'établir avec Lui une proximité et de prier, car l'essentiel de la lumière c'est Hachem, et c'est Lui l'essence de la vérité.

La vérité est donc une notion essentielle à la vie, et sans elle, les pires abominations sont possibles pour assouvir son penchant à vaincre, ou sa recherche éperdue du "toujours plus" en aspirant à des plaisirs grossiers, aux rèves et aux passions de notre société de consommation, et en copiant les stars de la télévision... Hélas ! Si seulement l'homme prenait conscience de ce qu'il était vraiment et écoutait son âme divine réclamer une remise en question...

Notre passage ici-bas est certes difficile et parsemé d’embûches, mais il faut y faire face car le but de toute la création, l'ultime raison d’être de toute existence de l'homme dans ce monde-ci, c'est l'accès au Olam Haba. Et pour y arriver, les Sages nous rappellent la règle d'or établie par Hachem : "J'ai créé le Yétser Hara' (mauvais penchant pour inciter l'homme à fauter) et J'ai créé la Torah comme son antidote" {Kiddouchin 30b}, car "La Torah est un arbre de vie pour ceux qui s'y rattachent, et ceux qui la soutiennent seront heureux" {Proverbes 3;18}. Ainsi, l’homme est finalement capable de surmonter son Yétser Hara dans tous les domaines où il pourrait subir ses attaques, et c’est bien la raison pour laquelle il est responsable de ses actes.

Cependant, aujourd'hui plus que jamais, le monde est en proie au renforcement du mal, et l'homme doit constamment faire de gros efforts pour s'en éloigner et faire le bien. Mais la Hassidout nous fait remarquer qu'à cette époque des temps messianiques, les divers souffrances de l'âme sont principalement dûes à la tristesse. De nombreuses personnes tombent dans des craintes futiles lorsqu'elles sont confrontées à des épreuves qui leur semblent (à tort) insurmontables, elles sombrent alors dans des angoisses effrayantes et se noient dans des soucis qui sont souvent le fruit de leur imagination noire... Et ce, tout simplement parcequ'elles perdent le sens de l'essentiel qui repose sur la joie de vivre pleinement sa vie comme une opportunité exceptionnelle de pouvoir se réaliser. Or la joie dépend uniquement de la pensée, et on retrouve ce lien de cause à effet dans notre langue sainte, où l'expression "être dans la joie" (בשמחה) et "la pensée" (מחשבה), ont la même combinaison de lettres saintes.

Si nos Sages recommandent à chacun de nous : "penses bien et tout ira bien", c'est bien parceque "l'homme se trouve là où le mènent ses pensées", et lorsque l'homme est joyeux, ses pensées sont plus claires, et son esprit, plus sain. C'est dans la foi et la joie que nous pouvons révéler en nous nos vraies aspirations, déceler la vérité qui existe dans notre âme, faire briller nos spécificités et espérer atteindre l'harmonie et le vrai bonheur. Mais sans cet investissement personnel pour atteindre la vérité, on pourrait se demander si la vie vaut la peine d’être vécue ?

La première étape que l'homme doit réaliser, consiste donc à travailler sur la Mida (vertu) de la joie. Et pour accèder à la joie, tout repose sur la volonté personnelle de chacun de grandir dans sa foi en Dieu, et d'être convaincu au plus profond de son âme qu'Il nous aime, qu'Il nous a crèè pour réaliser notre mission afin de nous rapprocher de Lui à Sa source, qu'Il nous accorde à chaque instant la vie, qu'Il gère le monde entier dans ses moindres détails, que rien ne lui échappe et rien est au hasard en ce qui concerne les événements ou les paramètres de notre propre vie, et qu'absolument tout est pour le bien eternel... Et alors, en plus de la sérénité retrouvée dans le quotidien "adéquat" de l'homme de foi, accordé par Hachem, "la récompense (dans le monde futur) sera à la mesure de l'effort (ici bas)"{Pirké Avot}

Lorsqu'une personne grandit ainsi dans sa Emouna, elle embrasse la vérité en se rapprochant de son Créateur, et elle devient de moins en moins vulnérable face aux épreuves (difficiles au départ), et s'adapte naturellement aux divers situations de changements. Plus elle renforce son lien avec Hachem dans la difficulté, et plus ses sentiments d'amour et de reconnaissance grandissent, et alors, tous les maux disparaissent... Toujours confiante et joyeuse, ses forces vont décupler et pousser sa determination à vouloir donner le meilleur d'elle-même en traversant toutes les épreuves de sa vie sur la voie de la vérité, où l'absurde et l'obsolète ne font plus le poid face à l'essentiel, et où le mensonge ne tient pas bien longtemps face à la vérité.

Pour conclure, terminons sur cette prière, et espèrons vivre très bientot la venue de Machia'h :
וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְךַ בֶּאֱמֶת
« Hakadosh Baroukh Hou, Purifie notre cœur pour Te servir dans la vérité »

Kol touv
Yoël