Le Divorce - Guet

Bien que le mariage soit proposé comme un idéal de vie dès les premiers chapitres de la Torah, celle-ci envisage le cas de la séparation si l’harmonie n’est plus au rendez-vous. (Ref : Deutéronome 24;1)

Pour rompre un mariage religieux, il faut impérativement procéder à une cérémonie religieuse au cours de laquelle le mari doit remettre à son épouse, en présence d’un « Beth-Din » (Tribunal Rabbinique), un Guet ou acte de divorce.

Le divorce religieux suit une démarche spécifique sur le plan de la Halakha (loi juive). Et en France, cette démarche religieuse sera précédée du divorce civil.

D’autre part, dans le cas où le mari se montrerait récalcitrant à donner le Guet, il existe une jurisprudence en France qui peut le condamner à de lourdes peines financières à titre de dommages et intérêts.

Car si la femme juive (divorcée civilement) s’unit à un autre homme sans avoir eu un Guet valide (divorce religieux) au préalable, non seulement elle contrevient gravement à un commandement de la Torah, mais les enfants nés de cette relation sont considérés comme mamzérim (issus de relations interdites). Et d’après la Torah, ils ne pourront jamais se marier.

(source : site http://www.consistoire.org )


Comme évoqué plus haut, le divorce est une étape envisageable dans la vie juive lorsqu'un couple estime que mettre un terme à leur union est la meilleure solution. Et lorsqu'il s'agit de défaire cette union selon les règles de la Torah avec l’approbation de nos Rabbanim, n'oublions pas que cette démarche est un accomplissement de l'un de nos 613 commandements. (Le Talmud Guemara Guitin aborde ce sujet sur tous ces aspects).

Si toutefois il fallait le préciser à certains, le divorce d'un couple dans la tradition juive, ne veut surtout pas dire anéantir son ex-partenaire physiquement ou moralement, ou instrumentaliser les enfants issus de leur union pour faire le mal, au risque de les fragiliser et de les détruire...

Bien souvent, un mari recalcitrant ou une épouse qui refuse son Guet, sont les conséquences d'un couple qui n'a pas pris la peine de poser les choses "à deux" (ou en médiation avec l'aide d'un tiers), pour envisager cette étape dans le respect, comme une démarche constructive pour leur vie respective !

Et au lieu de celà, ils vont oeuvrer dans leur animosité avec une énergie folle (souvent à cause des beaux parents qui se mêlent de trop), pour tenter d'anéantir l'autre (Une vraie expression de cruauté que la Torah interdit et condamne !), et ce, au risque de compromettre gravement la Validité de leur GUET.

Pour que le Guet soit le plus Simplement "Valide" au regard de la Halakha, le Beth Din a rédigé sur papier tout ce que devront affirmer à haute voix le mari et la femme lors de la cérémonie du Guet, en optant pour la configuration d'un Guet donné sans condition.

Autrement dit, une fois le Divorce Civil établi, si les 2 conjoints souhaitent directement opter pour la cérémonie du Guet, ils opteront pour un Guet donné sans condition et sans contrainte.

A l'inverse, si l'un des conjoints aurait été forcé à procéder à la cérémonie du Guet, par exemple sous la menace, ou après agression physique..., la validité du Guet est gravement remis en question.

Si toutefois il y'avait d'autres accords/conditions à fixer comme étant un préalable indispensable à la cérémonie du Guet pour l'un ou les 2 conjoints, cette démarche devra faire l'objet d'une étape à part, à dissocier de la cérémonie du Guet, sous l'une de ces 2 formes les plus courantes :

  • Au travers d'un protocole d'accord établi via les Conseils/Avocats des 2 partis.

  • Ou tout simplement devant un Beth Din et 2 témoins, lorsqu'il s'agit de 2 parties qui craignent le Ciel, souhaitant se conformer simplement à la Halakha, dans le respect de leurs engagements face au Beth Din / et donc Elokim.

Et Si les tensions ou les enjeux ne laissent pas place à un consentement mutuel au travers d'accords établis pour boucler certains points rapidement à l'amiable, le recours à la loi civil reste une option envisageable et certainement sur du long terme. Après tout, "Tout vient à point à qui peut/sait attendre", et "chaque chose en son temps" !

Gardons simplement à l'esprit ce que disait le Rabbi Moché de Kovrin :

"Il est impossible de tromper Hakadosh Baroukh Hou;

Il est interdit de tromper autrui (car oui! celà reste possible);

L'homme ne peut tromper que 'lui-même'."

Du coup, dans le soucis de préserver la "validité du Guet" sans aucune ambiguïté, il sera vivement recommandé aux 2 parties d'honorer l'intégralité des engagements mutuels établis en amont de la procédure de leur Guet.

En effet, bien que cette première étape soit dissociée de la cérémonie du Guet dit "Guet sans condition", celle-ci restait tout de même une exigeance préalable pour le mari et/ou la femme, avant de pouvoir procèder à leur divorce religieux.

De surcroit, si jamais il arrivait que le mari ou la femme, affirme lors de la cérémonie du Guet, que sans le respect des conditions préalables, il/elle n'accorderait pas de valeur à ce Guet dit "Guet sans condition", celui-ci deviendrait automatiquement un "Guet donné sous condition", à propos duquel il est enseigné que :

Un Guet donné sous condition, n'est finalement valide qu'une fois que les conditions préalables auront été honorrées.

J'espère que ces informations aideront à ce que l'experience du Divorce (civil & religieux) se fasse dans le respect d'autrui face à HM, conformement à notre source de Vie qu'est la Torah.

Et Qu'HM nous aide à grandir dans notre Emouna pour traverser avec succès ce genre d'étape de la vie, parfois difficile mais necessaire, puisqu'il s'agit d'une "Mitsva" qu'il ne faut surtout pas louper/souiller, afin que la suite soit "meilleure", sur de nouvelles bases dites "saines & propres".

Hatsla'ha !




Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir les textes ci-dessous, et à solliciter le Beth Din pour entreprendre cette démarche du Divorce, le plus proprement possible.