טוֹב לְהֹדוֹת לַה', וּלְזַמֵּר לְשִׁמְךָ עֶלְיוֹן. לְהַגִּיד בַּבֹּֽקֶר חַסְדֶּֽךָ, וֶאֱמוּנָתְךָ בַּלֵּילוֹת

Il est bon de louer Hachem, et de célébrer Ton Nom suprême.
Pour raconter le matin Ta bonté, et Ta loyauté les nuits.


A Avihaï AMAR – Iyar 5772
Qu'Hachem te protège mon fils, pour que tu puisses suivre le chemin des Tsadikim VaHassidim Yr'é Shamaïm,
t'eloigner du mal et faire le bien, toujours dans la Sim'ha et la Emouna... Amen !

Le Shabbat est le jour de repos consacré à la prière, à l'étude de la Torah et à l'intimité de la famille, durant lequel nous témoignons qu'Hachem est l'Eternel qui a créé le monde en six jours, l'a finalisé à la veille du septième jour, et le maintient à chaque instant par Sa propre volonté.

Et tous les Shabbat, nous lisons le Psaume du Shabbat (Tehilim 92), dans lequel figure la recommandation de louer Dieu à deux moments distincts pendant lesquels Il se manifeste à chaque fois par une vertu spècifique :

"Il est bon de louer l’Eternel … Pour raconter le matin Ta bonté, et Ta loyauté les nuits".

Lorsque nos Sages se sont intèrrogés sur la signification d'une telle formulation, ils nous ont révélé qu'ici le matin faisait référence aux situations de la vie qui semblent logiques, bonnes, positives, claires, limpides... pour lesquelles, il ne nous est pas difficile de remercier naturellement Hachem, et de le louer pour Sa bonté. Tandis que, les nuits font référence aux situations de la vie, qui semblent injustes, négatives, difficiles, sombres... pour lesquelles, nous pourrions être en souffrance et dans l'incompréhension, et pour lesquelles il nous est tout de même recommandé de louer la loyauté d’Hachem.

Le message étant, que même si à son niveau, l'homme perçoit une situation comme étant sombre et difficile à surmonter, dés l'instant où il comprend que le cadre de son existence lui est imposé par le Maître du monde, il doit se convaincre que tout est véritablement pour son bien le plus grand. Et c'est pourquoi la Torah recommande de louer la loyauté d’Hachem même dans de telles circonstances. D'ailleurs, même lorsque l'on apprend le décés de l'un des notres (Dieu en preserve), on est tenu de dire solennellement la bénédiction : "Bénis Soit le Juge de vérité".

C'est ainsi depuis des millénaires, que nous entretenons la flamme éternelle de la Emouna (foi) qui brûle en nous, et qui nous rappelle que rien au monde ne peut tenir ou se réaliser sans la Bonne volonté d’Hakadoch Baroukh Hou. D'ailleurs, c'est là, tout ce qui nous distingue des autres nations, d'être le peuple élu qui témoigne dans toutes les circonstances, sa Emouna envers le Créateur omniprésent et omniscient.

Et c'est en restant ainsi le "peuple du Shabbat", que la Emouna nous sauvera des conflits internes et externes de la fin des temps. Car fidèles à nos valeurs, nous louerons toujours "le matin Sa bonté, et Sa loyauté les nuits", jusqu’au jour de la venue du Machia’h, où nous mériterons enfin de réaliser avec clairvoyance qu’il y'avait dans tous les cas, que de la bonté.

Si jusqu'à aujourd'hui, cette extraordinaire Emouna fait parti de l'héritage précieux légué par nos ancètres, c'est principalement grâce à la responsabilité individuelle de chacun de la transmettre à son tour à ses enfants. D'ailleurs, ce devoir de transmission est rappelé dans le passage du Chema Isräel.

En effet, nous avons une Mitsva d'ordre biblique de réciter le Chema Israel deux fois par jour, une fois le soir et une fois le jour. Et cette obligation est déduite de l'un des verset du Chema où il est écrit :

וְשִׁנַּנְתָּם לְבָנֶיךָ, וְדִבַּרְתָּ בָּם, בְּשִׁבְתְּךָ בְּבֵיתֶךָ וּבְלֶכְתְּךָ בַדֶּרֶךְ, וּבְשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ

"Et tu enseigneras la Torah à tes enfants, et tu en parleras chez toi et en voyage, avant de te coucher et quand tu te lèveras" (Deut. 6:7)

Nos Sages nous font remarquer que וְדִבַּרְתָּ בָּם (littéralement : tu parleras de בָּם) sous entend qu'un père a le devoir d'enseigner à ses enfants, à la fois la Torah écrite et la Torah orale. En effet, le terme בָּם est composé de deux lettres qui font chacune référence, respectivement à la premiere lettre de la Torah écrite et à la premiere lettre de la Torah orale :

בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים אֵת הַשָּׁמַיִם וְאֵת הָאָרֶץ.

"Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre." (Torah ecrite : Sefer Bereshit)

Dieu a créé tout l'univers : les cieux et tout ce qui s'y trouve, la terre et tout ce qui y vit. C'est la toute première chose que la Torah écrite nous dit. Aussi, si jamais nous avons peur d'un phénomène naturel qu'il a créé ou d'une de ses créatures..., la Torah nous dit de ne pas en être effrayé, car Hachem a créé l’univers et Il en prend soin... Et, Il nous a donné la Torah pour nous guider vers la voie à suivre, en nous montrant ce que nous devons faire, et comment nous pouvons rendre la terre meilleure et plus sainte. Et quand D.ieu voit que nous nous conduisons bien, alors Il nous donne la réussite et Sa bénédiction.

? מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בְּעַרְבִית

"A partir de quand nous lisons le Chema Israël, les soirs ?" (Torah orale : Guemara Berakhot)

La Torah Orale va determiner le moment propice pour dire le Chéma Israël les soirs. Il s'agit de notre profession de foi en l'unicité d'Hachem, et on y retrouve notre devoir d'aimer Dieu de tout son cœurs, de toute sa vie et de tout son surcroît, et d'enseigner cette doctrine à nos fils.

Cependant, le Midrach nous interpelle sur la formulation de cette première question de la Torah orale, et nous dévoile qu'elle comporte en elle à la fois une question et aussi une réponse :

Question : "A partir de quand nous lisons le Chema Israël ?"

Reponse : "les soirs !"

En effet, c'est dans les situations de la vie qui nous paraissent sombres comme les soirs, que nous devons dire de tout notre coeur le Chéma Israël, et temoigner que notre profession de fois en l'unicité de Dieu qui est le Maitre du monde, et qui fait tout pour le bien, reste inébranlable... Et c'est cet héritage que nous devons acquèrir, et transmettre à nos enfants.

שְׁמַע, יִשְׂרָאֵל: יְהוָה אֱלֹהֵינוּ, יְהוָה אֶחָד.

Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, l'Éternel est UN.

Kol Touv.
Yoël

(Cet article découle d'un shiour dispensé par Rav Rosenberg)