Dvar Torah du Shabbat

A ma famille, mes amis, mes Rabbanim,
A mon fils Avihaï AMAR,
Source de vie, de courage, de détermination...

en cours d'évolution chaque semaine pour la Parasha concernée...

Shabbat Devarim

La Parasha Devarim commence par : "Voici les Dévarim (paroles) que Moché adressa à tous les Bné Israël", et il est question ici d'une série de remontrances que fait Moché à nos ancêtres peu de temps avant qu'il ne quitte ce monde et n'enjoigne à Yéhoshoua, son successeur, de conquérir la Terre sainte conformément à l'ordre d'HM.

Lorsque l'on se penche sur la façon dont Moché adresse des reproches aux Bné Israël, nous remarquons qu'il ne mentionne pas ouvertement leurs fautes et fait plutôt le choix de citer les endroits où ils ont failli. Et le Midrash Sifri précise à ce propos que : "du fait que ce sont des paroles de reproche et qu'on énumère ici tous les endroits où ils ont irrité l'Omniprésent, on a dissimulé les faits en les rappelant par simple allusion, par égard d'Israël" {Rachi 1;1}.

Certes, une telle attitude de Moché, consistant à éveiller le coeuur des Bné Israël à la Techouva tout en ménageant leur honneur, constitue l'une des meilleures démarches à adopter envers son prochain. Cependant, en quoi était-il si astucieux de citer une liste d'endroits que la Torah désigne précisément par le terme Dévarim (paroles) ? Un terme qui rappelons-le, est à la fois le nom de notre Parasha et aussi celui du 5e livre de la Torah qui comporte un résumé de la Torah, composé par Moché sous inspiration divine.

En fait, une étude de ce Midrash Sifri dans le texte permet de constater que Dieu est appelé HaMakom (L'Omniprésent), et il s'agit d'un de Ses Noms en langue sainte qui signifie littéralement "l'endroit", car effectivement HM est omniprésent, Il est partout à la fois et accorde la vie à toute chose, à chaque instant.

Aussi, lorsque Moché fit le choix de mentionner à chaque fois un endroit pour effectuer une remontrance par allusion, il ne souhaitait pas imputer directement la faute aux Bné Israël, mais simplement leur rappeler les instants où le Yetser Hara' leur avait occulté la conscience de l'Omniprésence d'HM, les éloignant ainsi de la raison et donc d'HM, jusqu'à connaitre la chute.

D'ailleurs, le Talmud dit qu'"un homme commet une faute que lorsqu'un esprit de folie s'est emparé de lui" {Sota 3A}, et c'est pourquoi, nos Sages disent : "Ne juge pas ton prochain, jusqu'à ce que tu sois à sa place" {Pirkei Avot 2;5} car après tout, aussi aberrante que soit sa conduite, qui dit qu'à sa place on ne ferait pas pire ?

Et puis, souvent les difficultés et les souffrances de certaines épreuves avec l'influence de mauvais voisins peuvent faire trébucher l'homme et lui faire adopter un comportement auquel il n'adhère pas réellement du plus profond de son âme juive (Nefesh Elokit).

De surcroit, le plus surprenant est de constater que Moché cite ici des noms d'endroits qui parfois n'existent même pas, comme s'il souhaitait dissocier l'endroit de sa vraie identité que reflète son nom, et faire ainsi référence à une autre réalité ou plutôt à l'illusion du Yestser Hara' qui les avait écarté de la vraie réalité !

En effet, la Kabbala nous enseigne que la langue sainte a la particularité de désigner une chose par une combinaison de lettres saintes formant un mot, c'est à dire une combinaison de Vitalité divine qui vivifie cette chose ici bas. Ainsi, Devarim est l'exemple de mot par excellence dont la racine est le terme Davar, qui désigne à la fois "une chose" et "une parole", pour signifier qu'il existe bien un lien intrinsèque entre une chose et son nom.

C'est pourquoi, Rabbi Na'hman recommande à chaque Juif de "toujours s'attacher à la sagesse et à l'intelligence qui sont inhérentes à chaque chose et cela afin que l'intelligence qui est en chaque chose l'éclaire pour qu'il se rapproche d'HM par le biais de cette chose {Likoutei Mohran 1;2}.

Et pour y parvenir dans chaque situation, en chaque endroit et avec tout ce qui nous entoure, gardons en mémoire ces paroles de vérité du Roi David au sujet de notre Torah de Vie : "Ta parole (Davar) est un flambeau qui éclaire mes pas, une lumière qui rayonne sur ma route" {Tehilim 119;105}.

Ainsi, lorsqu'un juif introduit des paroles (Devarim) de Torah et de Techouva dans son coeur et dans son esprit, il parvient à écarter l'obscurité de l'épreuve en exploitant la force Divine qui confère la vie à toute chose (Davar) qui à été créée dans ce monde-ci par la parole (Davar), et parvient ainsi à réaliser une demeure sainte pour HM ici bas.

Shabbat Shalom

Shabbat Vaet'hanan

La Parasha Vaet'hanan nous relate pour la seconde fois l'épisode du don de la Torah avec les 10 Commandements. Celle-ci contient le premier paragraphe du Chema qui exprime le fondement de la foi juive sur l’unité d'HM : "Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est Un", et rappelle divers commandements tel que l’amour d'HM, l'étude de la Torah, le port des Tefilines et la pose d’une Mezouza aux portes de nos habitations.

Lorsque l'on se penche sur le commandement : "Tu aimeras l'Eternel ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton âme et de tout ton pouvoir", il peut paraitre surprenant de voir que la Torah ordonne à l'homme une Mitsva qui repose essentiellement sur l'expression d'intenses sentiments d'amour envers autrui (ici envers HM).

En effet, est-il vraiment sensé d'enjoindre à quelqu'un d’éveiller dans son coeur des sentiments et de les exprimer avec autant de force, de fidélité et de détermination ?

En fait, le Midrash Sifri souligne que lorsque l'homme accomplit les paroles d'HM, s'offre à lui l'opportunité de Le connaitre et de s'attacher à Ses voies {Rachi 6;5}, et lorsqu'il accède à la connaissance lui permettant de découvrir la grandeur et les bienfaits d'HM, il en résulte une relation de réciprocité en amour entre l'homme et HM à propos de laquelle le Roi Shlomo disait : "comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi le coeur de l'homme répond au coeur de l'homme" {Michlé 27;19}.

Autrement dit, par le biais d'une telle démarche intellectuelle et émotionnelle, l'homme parvient dans son service d'HM à exprimer les sentiments profonds de son âme qui est naturellement emplie d'amour d'HM. Un amour dont la force surpasse celle de la crainte dans la pratique, puisque "celui qui agit par amour ne ressemble pas à celui qui agit par crainte, car celui qui sert son maître par crainte, lorsque celui-ci le harcèle, il le laisse et s'en va" {Rachi 6;5}.

Ainsi, "Ecoute Israël" signifie en réalité "Comprends Israël" que le fondement de la foi juive repose principalement sur la conviction qu'HM donne la vie à toute chose, partout et à chaque instant, et qu'indéniablement l'accomplissement de Sa volonté permet à chacun de s'attacher à La Source de Vie en s'engageant dans une profonde relation d'amour qui fluctuera en fonction de son propre investissement.

D'ailleurs, on retrouve ce même principe dans une relation de couple où il est effectivement illusoire de penser que l'amour pourrait apparaitre un jour entre deux personnes sans qu'ils aient chacun à fournir les efforts nécessaires pour "comprendre" l'autre, c'est à dire le connaitre, le respecter et l'aimer selon la loi de Moïse et d'Israël.

Combien d'hommes et de femmes courent toujours en vain après le bonheur ou attendent encore désespérément l'amour d'autrui ? Hélas...

Pourtant nos Sages précisent bien que le vrai bonheur et le vrai amour s'acquièrent uniquement lorsque l'on fait le choix de les créer soi-même à travers notre propre engagement de les vivre au quotidien, de les diffuser autour de soi et de les partager avec autrui.

En outre, il existe une convergence entre l'amour du prochain et l'amour d'HM à propos de laquelle "l'Admour Hazaken rapporte un enseignement du Maguid de Mezeritch qui, au nom du Baal Chem Tov, disait : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" est un commentaire et une explication de "Tu aimeras l'Eternel ton Dieu". Lorsque l'on aime un Juif, on aime Dieu. Car chaque Juif porte en lui une parcelle de Divinité. Ainsi, lorsque l'on aime un Juif, lorsque l'on aime la partie profonde de son être, on aime l'Eternel" {Hayom Yom}.

Shabbat Shalom

Shabbat 'Ekev

Au début de la Parasha 'Ekev, Moché promet aux Bné Israel de connaitre la prospérité et la sécurité sur la Terre dont ils s’apprêtent à prendre possession, s'ils accomplissent les Mitsvot de la Torah conformément au serment que fit HM à leurs ancêtres : "Et ce sera parce que vous écouterez ces Jugements là, que vous les observerez et les accomplirez, l'Eternel ton Dieu gardera pour toi l'alliance et le bienfait dont Il a fait serment à tes Pères".

En effet, la Torah insiste ici sur la nécessité pour chaque Juif de pratiquer toutes les Mitsvot de la Torah, et en particulier "les plus légères que l'homme a tendance à fouler par son 'Ekev (talon)" {Rachi 7;12}. D'ailleurs, on trouve également dans cette Parasha le 2nd paragraphe du Chema qui rappelle l'importance des Mitsvot en les assortissant des bénédictions liées à leur accomplissement et des conséquences négatives résultant de leur négligence.

S'il en est ainsi, nous pourrions alors nous demander comment une simple Mitsva peut avoir autant d'effet, et quel est donc le secret de sa puissance ?

En fait, nos Sages précisent que chaque effort que nous fournissons dans l'accomplissement d'une Mitsva constitue en quelque sorte un déclencheur de bénédictions qui est sans aucune commune mesure avec la Mitsva en question, et permet à notre âme de percevoir de la façon la plus satisfaisante (ici bas et dans le monde futur) les bienfaits de l'alliance Qu'HM avait déjà promis à nos Pères.

De la sorte, HM Qui par Sa Mida de 'Hessed souhaite donner, permettra à l'âme de l'homme de recevoir de la manière la plus honorable, en évitant le "Naama DeKissoufa" (pain de la honte) que le Zohar cite pour désigner le don gratuit et plutôt humiliant pour l'âme qui n'aurait pas été mise à l'épreuve ici bas dans le but de fournir l'effort qu'HM attend d'elle afin de transformer chaque don qui lui est prédestiné en une récompense bien méritée.

En outre, le terme Mitsva a la même racine que le mot Tsavta en araméen et le mot Tsevet en hébreu, qui signifient respectivement "un lien" et "une équipe". Et alors, dès que l'on accomplit une Mitsva d'HM, on se soumet à Sa volonté et on fait équipe avec Lui en se liant à Sa Torah de Vie.

Autrement dit, lorsque l'homme est mis à l'épreuve ici bas et fait l'effort de préserver ce lien précieux grâce à l'accomplissement de toutes les Mitsvot de la Torah, c'est à dire, en adoptant les bonnes pratiques dans la pensée, parole et action, qui permettent de mener une vie juive authentique et harmonieuse avec foi et conviction, il accède finalement aux bénédictions qu'HM lui avait prédestinées sur le plan matériel et le plan spirituel...

C'est pourquoi, lorsque l'homme doit faire face aux difficultés de la vie, la Halakha (Choul'han Aroukh - Ora'h Haim 230, 5) rappelle qu'il a le devoir de toujours admettre que Toute action d'HM est pour le bien, puisque seul le Créateur sait le bien qui germera de chaque chose dans ce monde de Tikoun, même si nous ne le percevons pas de nos yeux de chair. L'essentiel étant de garder précieusement chaque Mitsva dans la Emouna et la Joie en s'en remettant entièrement à Lui, puisque le but de toute la création est l'accès au 'Olam Haba.

Shabbat Shalom

Shabbat Réé

Dans la Parasha Réé, HM demande aux Bné Israël de réaliser avec conviction que la bénédiction résulte de l'accomplissement de Ses commandements, et son contraire de leur abandon, ainsi qu'il est dit au premier verset : "Voyez (Réé), Je vous donne en ce jour la bénédiction et la malédiction. La bénédiction, si vous écoutez les commandements que vous ordonne l'Eternel..".

Le choix du terme "Réé" (voyez) employé ici vient dresser un constat ferme et définitif, car à la différence de l'ouïe et du toucher, la vu est un sens tellement sûr pour l'homme, qu'il est quasiment impossible de remettre en question sa croyance en ce qu'il a vu de ses propres yeux.

D'ailleurs, lorsque les 10 commandements (qui concentrent en eux toute la Torah) furent donnés au mont Sinaï, il est dit que les Bné Israël "virent les voix". Et cette étrange expression où le sens de l'ouïe est substitué par celui de la vu pour affirmer que les Bné Israël ont perçu des sons, souligne ici que les paroles de vérité prononcées par le Créateur les pénétrèrent si profondément qu'elles ne laissèrent plus le moindre doute sur leur authenticité, à tel point qu'ils "virent" les commandements de la Torah.

Pourtant, si la vu reste le sens le plus convaincant chez l'homme, il est évident que ce dernier ferait une terrible erreur s'il s'arrêtait uniquement à l'aspect extérieur (visuel) des choses sans tenir compte de leur esprit (valeur profonde), ainsi que le souligne le Pirkei Avot {4:27} : "Ne considère pas la cruche mais son contenu !". Et cela est d'autant plus vrai à notre époque où le monde de la publicité et des médias exploite l'image pour manipuler les populations et les faire adhérer en masse à sa vision orientée de la réalité.

De la sorte, si l'homme renonce à l'effort de réflexion et de compréhension pour rechercher la vérité, il renonce finalement à l'intelligence et le pire reste à craindre. C'est pourquoi, notre Torah de vérité nous a toujours invité à faire de la Connaissance le pilier central de la foi d'Israël.

L'homme est la seule créature ici bas qui possède un intellect et une capacité de discernement pour acquérir cette Connaissance de la Vérité, une Connaissance qui lui permettra de "voir" que la Vie offre plusieurs courants d'influences qu'il pourra choisir librement afin de tracer sa voie.

En outre, lorsque l'homme fait le choix de s'orienter personnellement vers ce qui lui semble être bon, il est indéniable que chacune de ses décisions est orientée par le conditionnement et les influences de sa famille ou de son entourage qui ont contribué à la façonner, et c'est d'ailleurs dans ce contexte réel que naissent les divergences et querelles entre individus puisque la vérité de l'un n'est pas la même vérité que l'autre, et elles ne leur permettent pas d'emprunter la même voie dans la paix.

Mais à cela, le Talmud répond que "le sceau de l'Eternel c'est la vérité" {Shabbat 55A}, et faire "ce qui est droit aux yeux de l'Eternel" en adhérant à Sa Torah de vérité avec soumission à Sa volonté, permet d'accéder aux voies agréables qui mènent à l'amour et à la paix, car comme nous l'enseigne Rabbi Na'hman : "Là où se trouve la vérité se trouve la paix".

Et puisque notre Parasha certifie que la Torah et les Mitsvot sont sources de vie et de bénédictions, il devient une obligation pour chacun d'apprendre à rectifier son regard (Réé) sur les expériences quotidiennes de sa vie afin de les aborder sous un angle de vue authentiquement Juif, jusqu'à exprimer de tout son cœur et de toute son âme sa reconnaissance envers HM, à l'image du Roi David qui disait : "Si Ta Torah n'avait fait mes délices, j'aurais succombé dans ma misère. Jamais je n'oublierai tes préceptes, car par eux tu m'assures ma vie" {Tehilim 119 ; 92-93}.

Shabbat Shalom

Shabbat Shoftim

Dans notre Parasha, Moché enjoint au peuple d'Israel de nommer au sein de chaque tribu, dans chacune des villes, des juges (Shoftim) qui prononceront les sentences et des policiers (Shotrim) qui les feront appliquer, afin qu'il puisse se maintenir en société sur sa Terre et vivre dans la paix en respectant les valeurs de la Torah.

Dans le Traité Avot {1;18}, Rabban Shimon ben Gamliel enseigne que "le monde se maintient grâce a 3 choses : la vérité, le jugement, et la paix", et en réalité, nos Sages précisent que ces 3 choses sont intimement liées, car si le jugement est exécuté, la vérité est satisfaite et la paix en résulte. Tandis qu'une société sans gouvernement pour dicter la loi et la faire appliquer, mène le monde à un chaos certain où le fort engloutira le faible.

Toutefois, si la justice permet effectivement de régler des litiges sur la voie de la rigueur en tranchant une question par une décision, la Torah privilégie toujours le compromis (Pechara) afin d'emprunter la voie de la miséricorde qui va dans le sens des attributs d'HM qui régissent le monde qu'Il a créé. C'est pourquoi, tant que le juge n'a pas encore prononcé sa décision, il est une Mitsva pour lui de trouver un arrangement à l'amiable qui puisse satisfaire tous les partis et rétablir la paix.

Après tout, lorsqu'HM met l'homme à l'épreuve dans sa relation avec autrui en les confrontant à des situations parfois difficiles ou injustes, la seule chose qu'Il attend de chacun d'eux est de rester digne ou de le devenir en se corrigeant, d'être confiant en Lui et en Sa providence, d'accepter tout ce qui leur arrive d'un cœur entier, et de réaliser qu'"il n'est rien d'autre que Lui", HM, qui prédispose à chaque âme la situation et les moyens pour réaliser la réparation (Tikoun) qui lui incombe à la fois sur le plan horizontal (vis à vis d'autrui) et sur le plan vertical (vis à vis d'HM).

Là est toute la portée du commandement qui figure dans notre Parasha {18;13} : "Soit intègre avec l'Eternel ton Dieu", que Rachi traduit par : "Marche avec Lui entièrement, aie confiance en Lui... Tout ce qui t'arrive, accepte le d'un cœur entier".

De la sorte, nous comprenons que chaque expérience dans la vie d'un homme est une épreuve providentielle qui requiert un effort de la part de ce dernier, afin de dévoiler la Divinité ici bas et d'atteindre l'objectif qui lui était fixé, de pouvoir grandir dans sa Emouna et de préserver son intégrité grâce à la Torah, en optant en priorité pour le compromis, ou sinon la justice, dans le but de défendre la vérité et de poursuivre la paix.

Car finalement, comme disait le roi Shlomo : "la Torah est un arbre de vie pour ceux qui s'y rattachent, et ceux qui la soutiennent seront heureux. Ses voies sont des voies agréables et tous ses sentiers sont paix" {Proverbes 3;18}.

Shabbat Shalom

Shabbat Ki-Tetse

La Parasha Ki-Tetse commence par l'indication suivante : "Lorsque tu sortiras en guerre contre tes ennemis, qu'HM ton Dieu les livrera en ta main..", et il s'agit ici d'une guerre de conquête non-obligatoire durant laquelle les Bné Israël pouvaient faire de leurs ennemi(e)s des prisonnier(e)s. On y trouve alors, des lois concernant la "belle captive" à propos de laquelle la Torah assure que celui qui l'épousera "finira par la détester" {Rachi 21;14}, ainsi que d'autres lois autour de la pureté du camp militaire, le mariage, le divorce, l'adultère.

Par une approche différente du texte, nos Sages assimilent cette guerre à celle que chaque âme d'Israël doit mener ici bas contre son Yetser Hara' (mauvais instincts) afin de parvenir à canaliser les désirs de son corps dans le domaine de la sainteté.

Marcher sur la voie qui mène à la sainteté, requiert effectivement une grande force intérieure que l'homme est en mesure d'acquérir grâce aux enseignements de la Torah et à l'application des commandements qu'elle lui ordonne qui le mèneront à la connaissance de soi et à l'exploitation de ses potentiels, afin que l'intellect puisse prendre le dessus sur les sentiments de son cœur lorsqu'il sera mis à l'épreuve, et pour ne point succomber à la tentation du paraitre (la belle captive) ou aux interdits sexuels les plus grossiers que liste la Torah.

D'ailleurs, de la même façon qu'un bon diagnostique est le premier pas vers la guérison, un bon renseignement sur l'ennemi est le premier pas vers la victoire par l'élaboration de la meilleure stratégie de conquête.

C'est la raison pour laquelle nos Sages recommandent : "Sois assidu dans l'étude de Torah pour savoir quoi répondre à l'Apikoros (l'hérétique)" {Pirke Avot 2;14}, et ici, il s'agit avant tout de l'Apikoros qui se trouve en nous, que nous devons réparer et raffiner sans cesse jusqu'à le transformer en Bien véritable.

Mais lorsqu'il se présente sous la forme de 'Amalek, il n'y a rien à arranger et il faut complètement l'écarter !

Le terme 'Amalek ayant la même valeur numérique que le mot Safek qui signifie "le doute", et il s'agit des mauvaises influences qui sèment le doute jusqu'à "refroidir" l'homme, pour qu'il renonce totalement à ses responsabilités que lui incombe la mission qu'HM lui avait spécialement confiée, et au lieu de vivre avec détermination sa Metsiout (réalité) dans la Emouna et la joie, le Safek l'orientera sur la voie des Dimionot (illusions) qui le conduiront au final à un "dégout" certain.

C'est pourquoi, notre Parasha se conclut par l'injonction d'"effacer le souvenir d'Amalek de dessous les cieux", et ce, pour nous affirmer que le doute ne devrait jamais pouvoir trouver de place dans le cœur d'un Juif, "croyant fils de croyants", qui vit par la Emouna d'Israël en étant animé par la ferme volonté d'accomplir ce que lui enjoint le Roi des rois.

Et il s'agit bien-entendu d'une volonté intègre qui est synonyme de Vie, car seul l'homme animé d'une telle volonté est qualifié de "vivant", un être qui façonne chaque jour son réceptacle et qui prie son Créateur de le remplir de Bénédictions spirituelles et matérielles, notamment en ces termes : "Ouvres (HM) Ta main et rassasies tout vivant selon sa volonté" {Tehilim 145}.

Shabbat Shalom

Shabbat Ki-Tavo

Dans la Paracha Ki-Tavo, Moché rappelle aux enfants d'Israël, qu'ils sont "le peuple choisi" par HM à qui il incombera de grandes responsabilités dés son entrée en Erets Israel. Il énumère ensuite les bénédictions par lesquelles HM les récompensera lorsqu'ils accompliront Ses commandements, mais aussi une liste de terribles conséquences (maladie, famine, pauvreté..) en cas d'abandon.

Si cette Parasha tombe toujours pendant le mois d'Elloul, mois de Techouva et de proximité privilégiée avec Le Roi du monde, c'est sans doute pour nous rappeler l'injonction suivante qui y figure : "de marcher dans Ses voies, d'observer Ses décrets, Ses commandements et Ses lois, et écouter Sa parole" {Ki-Tavo 26;17}.

Nos Sages enseignent effectivement que le mois d'Elloul est le mois de la Miséricorde Divine où "Le Roi est dans le Champ" (haMelekh baSadé), HM sort de Son palais pour se rapprocher de tous Ses enfants sans exception, même les plus éloignés ou égarés jusque dans les champs, et leur accorde cette occasion exceptionnelle de revenir vers Lui plus facilement, de Le retrouver, d'apprendre à L'Aimer et à Le Craindre en marchant dans Ses voies à propos desquelles le Roi Salomon disait : "Ses voies sont des voies agréables, et tous Ses sentiers sont paix" {Proverbes 3;17}.

HM a certes accordé à chaque individu une personnalité qui lui est propre, formée de différentes valeurs et tendances, bonnes ou mauvaises.. Et il incombe à chacun d'effectuer un travail sur soi au moyen d'introspections fréquentes qui lui permettront d'abord de connaitre ses vertus (Midoth), puis de les soigner afin d'améliorer son comportement vis à vis de lui même, d'autrui et de son Créateur.

Pour se faire, Rambam nous enseigne que le juste milieu est le "fil d'or" auquel nous devons tous aspirer, car toute valeur poussée à l'extrême devient mal.. Et pour "guérir" de nos mauvaises Midoth, il explique qu'afin de revenir sur la ligne du milieu, il faut pencher dans l'autre extrême pour un moment le temps de changer son for intérieur.

Bien entendu, cette tâche à accomplir est immense et le Yetser Hara' s'évertue parfois à nous la présenter comme étant irréalisable, alors qu'en réalité elle ne se fait pas en un jour mais en une vie entière !

En outre, nos Sages enseignent que "la charge portée par un chameau est à la mesure de sa force (que connait bien son chamelier)" {Sotta 13B}, pour nous signifier que la Providence Divine accorde au préalable le potentiel nécessaire qui permettra à chacun de traverser avec succès les épreuves qu'HM lui aura destinées durant sa vie ici bas. Et en fait, quelque soit l'épreuve, l'homme est à chaque fois invité à s'améliorer et à évoluer comme il se doit pour grandir dans sa Emouna en HM.

Le plus important étant de ne jamais renoncer à ce travail de réparation (Tikoun) et de le poursuivre au quotidien, particulièrement à l'approche du jour du jugement (Roch Hachana) où HM est plus que jamais disposé à nous prendre sous son aile aussitôt qu'on Lui aura exprimé notre sincère regret de s'être parfois éloigné de Lui et notre profond désire de rester toujours attachés à Lui et à Sa Torah de Vie.

Shabbat Shalom

Shabbat Nitsavim

Dans la Parasha Nitsavim figure plusieurs principes fondamentaux de la loi juive, notamment la liberté du choix dont dispose l’homme et la proximité de la Torah Ecrite et Orale qui lui a été offerte dans ce monde-ci.

En effet, il existe chez l'homme un Yetser HaRa' (mauvais penchant) et un Yetser HaTov (bon penchant) qui dans leur lutte permanente, laissent place à l’homme le libre arbitre de pouvoir orienter ses pensées, paroles et actions comme bon lui semble pour mener à bien sa mission ici bas, et mériter ainsi sa propre part au monde futur sur laquelle il est précisé que "la récompense est à la mesure de l'effort" {Avot 5;22}.

En outre, la Hassidout précise que chaque juif possède une âme divine (Nefesh Elokit) qui aspire à s'attacher à HM par l'accomplissement de Sa volonté, mais que cette perception est occultée par le corps plutôt grossier et l'âme animale (Nefesh Behemit) qui l'anime et qui pour sa part, aspire plutôt à assouvir ses désirs propres (parfois vitaux) et ses passions...

Et finalement, toute l'existence de l'homme ici bas se résume en quelque sorte à l'ensemble des choix qu'il aura accompli, et qui tendent chacun indéniablement soit vers le bien soit vers le mal, par l'Acceptation ou le Refus de réaliser ce qu’HM l'engage à accomplir dans un verset très fort qui figure dans notre Parasha : "Voici Je mets devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, et tu choisiras la vie afin que tu vives, toi et ta postérité" {30;19}.

Ainsi, un juif ne peut réussir sa mission qu'en respectant l’alliance qui le lie à HM, celle du peuple élu à qui il incombe de grandes responsabilités morales et spirituelles à travers un code de vie à respecter qui s'appelle Torah. Une Torah de vérité accessible à tous sans exception, et qui ne laisse pas de place aux faux prétextes de ne pouvoir y avoir accès puisqu’il est précisé dans notre Parasha que "Elle ne se trouve pas dans les cieux !", "Pourvu que tu écoutes la voix de l'Eternel ton Dieu en gardant Ses commandements - Car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, pour l'accomplir" {30;12-14}.

Certes, le Yetser Hara' s'évertue à rendre l'homme vulnérable et à le détourner du droit chemin, mais nos Sages soulignent qu'HM a déjà dicté la règle d'or pour parer à ses attaques : "J'ai créé le Yétser Hara' et J'ai créé la Torah comme son antidote" {Kiddouchin 30b}, et sous-entendent que l’homme est toujours capable de surmonter son Yétser Hara'. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle il est responsable de ses choix.

Néanmoins, quand bien même l'homme aurait failli nombre de fois, il doit garder à l'esprit que la miséricorde Divine est infinie et qu'elle ne laisse aucune place au désespoir de pouvoir réparer par la Techouva, car : "Aussi vrai que Je suis vivant, dit le Seigneur Dieu, Je ne désire pas la mort du méchant, mais qu'il renonce à sa voie et qu'il vive ! Revenez, revenez de vos voies mauvaises.." {Ye'hezquel 33;11}.

De la sorte, lorsque l'homme fait intervenir son raisonnement pour rectifier ses sentiments et canaliser ses désirs du bon coté, et qu'il fait ensuite le choix de concentrer ses efforts pour adopter la bonne attitude, il fait preuve de sa supériorité sur l'animal.

Et lorsqu'il doit faire face à une situation difficile qu'il ne comprend pas, et que malgré tout, il fait le choix de s'en remettre entièrement à HM avec la conviction que "Tout ce que fait HM est pour le bien" et maintient son amour et sa crainte d'HM de manière inconditionnelle pour se conformer à Sa volonté, il réussit son épreuve en devenant un Tsadik (Juste) qui vit par sa Emouna.

De ce fait, nos Sages concluent que "Tout est entre les mains de Dieu sauf la crainte de Dieu" {Brakhot 33b} et assurent que lorsque l'on adopte un tel comportement avec une confiance inébranlable en HM et que l'on reste attaché à Sa Torah de Vie, alors l'étroitesse du début de l'épreuve finit par progressivement se transformer en largesse, comme le Roi David nous en fait l'allusion : "Dans l'étroitesse, j'ai invoqué l'Eternel. Il m'a répondu dans la largesse" {Psaume 118;5}.

Shabbat Shalom

Shabbat Vayelekh

La Paracha Vayelekh relate les événements survenus le dernier jour de la vie de Moché ici bas. Alors âgé de 120 ans, il transmet la direction du peuple d'Israël à Yehochou'a, et achève l’écriture du Sefer Torah sur un parchemin qu’il remet aux membres de sa Tribu (Lévi). Le commandement de Hak-hel (rassemblement) est donné : Tous les 7 ans, durant la fête de Souccot qui suivra l’année de la Chemita (jachère), le peuple d'Israël, "hommes, femmes et enfants", se rassemblera dans la cour du Beth Hamikdash à Jérusalem où le Roi leur lira des passages de la Torah afin "d'écouter et d'apprendre à craindre l'Eternel" sur la Terre d'Israël qu'il s'apprêtent à hériter.

HM prédit ensuite à Moché que le peuple d’Israël se détournera de leur alliance, et en conséquence lui dit-Il : "Je cacherai Ma face en ce jour, à cause de tout le mal qu'il aura commis en se tournant vers des dieux étrangers". Mais heureusement, la promesse suivante est faite aussi : "la bouche de sa descendance ne l'oubliera pas (la Torah)" Rachi {31;21}, et Moché va donc inciter le peuple à garder les commandements de la Torah dans sa dernière déclaration (Parasha Haazinou).

Toutefois, le 1er verset de la Parasha et en particulier son nom "Vayelekh", sous-entendent déjà cette démarche adoptée par Moché ainsi qu'il est dit : "Il alla adressé ces paroles à tout Israël", le verbe "Vayelekh" (il alla) étant de la même racine que le terme "Halakha" (loi juive), comme pour signifier d'abord toute l'importance de se conformer à la volonté d'HM par le respect de Ses commandements, et surtout, pour dévoiler que le secret d'une transmission réussie des valeurs de la Torah repose essentiellement sur le comportement exemplaire que doit adopter le maître lui-même (Vayelekh - il alla).

Bien entendu, la marche dont il est question ici fait référence à l'évolution spirituelle de l'homme et aux initiatives que celui-ci doit prendre pour conformer sa vie aux directives de la Torah, afin d’atteindre la plénitude de son être (Shlemout). Et ce, par l'ajustement de ses comportements dans la pensée, la parole et l'action, ainsi que les émotions qui l'animent et qui sont le fruit de sa compréhension de l'étude de la Torah ou l'expression de sa soumission inconditionnelle à HM par la Emouna.

Dans tous les cas, il est évident disent nos Sages, que l'homme devient vite vulnérable lorsqu'il s'écarte de la Torah, et c'est la raison pour laquelle il devra s'efforcer de fixer des moments d'étude (matin et soir) pour éclairer son esprit de la lumière de la Torah afin de s'immuniser contre les manigances du Yetser Hara' ou de vite se relever (par la Techouva) si celui-ci l'a fait chuter, et aller de l'avant (Vayelekh - Halakha) en établissant dans sa vie ce qui est réellement bon ou mauvais, indispensable ou superflu, et dresser une hiérarchie de ses priorités pour ne point s'écarter de la Vérité.

Shabbat Shalom

Shabbat Haazinou

La Parasha Haazinou est la dernière déclaration que Moché fait aux Bné Israël avant de quitter ce monde, en prenant à témoins contre eux "le ciel et la terre" pour les inciter à garder les commandements de la Torah, "des témoins qui subsisteront éternellement et qui viendront les récompenser s’ils sont méritants (la vigne donnera son fruit, la terre sa récolte..) ou les frapper s’ils sont coupables (il n’y aura plus de pluie, la terre ne donnera plus sa récolte.. et vous seriez perdus par la main des nations)" {Rachi 32;1}.

Ce cantique prophétique évoque les péripéties d'Israël à travers les siècles, depuis sa naissance en tant que peuple choisi par HM, jusqu’à la délivrance messianique, en passant tantôt par des périodes de prospérités, tantôt par différents exils qui sont les conséquences du mal commis, et qui restent en tout état de cause des scénarios cohérents dans la réalisation du plan d'HM, pour permettre aux Bné Israël d'aspirer à une plus forte proximité avec HM (Téchouva) et à la réparation de l'univers (Tikoun).

Tel est le cycle de la vie éternelle d'Israël qui lorsqu'il se tourne vers HM dans la difficulté, parvient à se délivrer des souffrances de chaque exil jusqu'au dernier après lesquels “les nations chanteront l’éloge d’Israël, d’être resté attaché à HM dans toutes les tribulations qu’il a traversées... car il connaissait Sa bonté et Sa perfection” {Rachi 32;43}.

D'ailleurs, le choix fait par Moché de 2 témoins eternels (le ciel et la terre) sous-entend entre autres que le peuple d'Israël saura se maintenir dans l'histoire et qu'il assistera au bout du compte à la chute de tous les empires auxquels il aura à faire face, sans jamais succomber.. Certes, il se trouvera parfois très affaibli matériellement et spirituellement, mais il restera malgré tout éternel grâce à son alliance avec Le Créateur, sa Torah de vie qui le lie à la source de Vie, ainsi qu'il est dit dans le Zohar : ces 3 identités "sont liées, entrelacées l'une à l'autre - HM, la Torah et Israël ne font qu'un".

En outre, le nom même de notre Paracha, Haazinou (écoutez), véhicule ce message fondamental du cantique prophétique de Moché, notamment à travers la signification des 3 termes suivants qui possèdent la même racine : Ozen (oreille), Izoun (équilibre) et Moznaïm (balance).

En effet, avant même que la science moderne ne découvre que le siège de l'équilibre se trouve dans l'oreille interne, la langue sainte le révélait en employant la même racine pour définir à la fois l'équilibre (Izoun) et l'oreille (Ozen). Et l'appellation Haazinou (écoutez) qui partage la même racine, vient nous dévoiler qu’un Juif peut se maintenir en équilibre dans chaque situation de la vie, s'il prête bien l'oreille aux recommandations de ses maitres et observe les lois de la Torah.

C'est pourquoi, Moché affirme explicitement que la vie d'Israël tient sur l’observance et la pratique de toutes les paroles de la Torah {32;46}, et notamment en se conformant aux directives des maitres d'Israël à chaque génération, dont la responsabilité est de déterminer la marche à suive pour la communauté en général et pour chacun en particulier, en fixant la Halakha (loi juive). Le terme Halakha ayant la même racine que le terme Halikha (marche), car c’est en appliquant la Halakha qu’Israël avance et évolue en permanence avec équilibre (Izoun), et joue dans l'histoire le rôle d'aiguilleur pour orienter le monde entier jusqu'à devenir “une lumière pour les nations” {Isaï}.

Et puisque la Parasha Haazinou tombe au mois de Tichri qui a pour symbole celui de la balance (Moznaïm) dans les constellations qui représentent les mois de l'année, on retrouve la aussi l'emblème qui s'attache le mieux à la justice pour inviter chacun de nous à mettre dans la balance ses bonnes et ses mauvaises actions afin de fournir les efforts nécessaires pour rééquilibrer (Izoun) celle-ci, et mériter ainsi d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année sur le plan matériel et spirituel.

Shabbat Shalom

Shabbat Vezot Haberakha

.... Shabbat Shalom

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