« La Circoncision ou le Divorce ? »

 

Je dédie cet article à mon fils Avihaï AMAR, né le 20 mai 2009 à 23h58 (27 Iyar 5769), et circoncis le 28 mai 2009 (5 Sivan 5769).

 

La « Brit Mila » est sans aucun doute LE rituel qui symbolise le judaïsme et qui a toujours été observé avec une joie débordante. C’est pour un père juif l’occasion exceptionnelle de pouvoir faire rentrer son fils dans l’alliance d’Abraham, tout comme l’avez fait pour lui son propre père. Une façon d’affirmer une fois adulte sa volonté de garder précieusement cette alliance et d’y associer également sa progéniture. 

 

La « Brit Mila » consiste matériellement en l’ablation d’une petite peau en excès chez l’homme que l’on nomme la « ‘Orla » (prépuce), comme si l’on devait réaliser la dernière retouche pour parfaire l’œuvre de Dieu. Et c’est donc symboliquement une invitation pour l’Homme à perfectionner l’univers et à se parfaire soi-même matériellement et spirituellement.

 

« La circoncision ou le Divorce ? », drôle de titre me direz vous !

Pourtant les « incirconcis » au sein de notre peuple ont toujours été la principale cause des divorces.

Et l’on parle dans ces cas là, des « incirconcis du cœur ».

 

En effet, chaque fois que le mot « ‘Orla » est employé dans la Torah, il se rapporte à une barrière faisant obstacle à un résultat favorable. D’ailleurs, la résistance d’une personne au repentir est appelée ערלת הלב, la « ‘Orla du cœur ».

 

Si notre cœur pouvait suivre ses impulsions les plus sincères et les plus pures, nous aurions la nostalgie d’un état de proximité avec Dieu et sa volonté. Mais nos mauvaises « Midoth » (Traits de caractères), nos « désires » et « pulsions animales » nous poussent facilement aux péchés et à certaines pratiques immorales jusqu’à dresser une barrière émotionnelle, intellectuelle pour étouffer l’appel intérieur de notre cœur au repentir.

 

Et chacun d’entre nous au quotidien est confronté à ce genre de difficultés, embourbé parfois dans des situations de conflits entre amis, avec nos familles, nos enfants ou notre partenaire… Et très souvent, l’envie, la jalousie ou l’orgueil sont source de destruction comme nous l’enseigne Rabbi Elazar Hakapar : « la jalousie, le désire, l’honneur sortent l’Homme du monde » (« Pirké Avot » - Maximes des pères),  c'est-à-dire qu’il en arrive à vivre à coté de la réalité.

 

Pour leur fierté et orgueil, certains hommes d’affaires préfèreront réinvestir des millions dans leur affaire, au risque de tout perdre, plutôt que de subir la honte de l’échec. Car quand nous sommes pleinement engagés dans le cours d’une action qui se révèle au final être une grosse erreur, il est extrêmement difficile de dire : « j’ai eu tort ».

 

Apres une violente querelle, il est impossible pour la plupart des gens d’avouer : « je regrette, je me suis conduit comme un sot, j’avais tort… ». Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que la « ‘Orla du cœur » se dresse au travers du chemin de la bonne foi, et à cause de cela, des familles entières ont été détruites…

 

L’essentiel dans ce genre de situation étant de prendre du recul, tout comme le recommandait Hachem à Caïn qui était pris de jalousie par rapport à Abel, en lui disant : « Im Tetiv Séét » si tu veux t’en sortir et te perfectionner, élève toi au dessus de toutes ces bassesses et contingences matérielles.

 

Car effectivement, il est de ceux qui manquent de largesse d’esprit et de « Emmouna BHachem » (foi en Dieu), vivant leur vie ponctuellement, immergés dans leur problème avec une paranoïa à la noyade, et qui réagissent souvent à chaud sans prendre le temps de s’élever au dessus de tout cela, enchainant ainsi les erreurs les unes après les autres, en omettant que la vie est composée d’un tas d’autres maillons de difficultés et d’épreuves que l’Homme est largement en mesure de surmonter sans avoir à tout détruire sur son passage.

 

N’oublions jamais que tout est dans les mains de Dieu, si ce n’est la crainte de Dieu.

ET

ראשית חכמה יראת השם

« Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de Dieu »

 




A propos du « Shalom Bayit » (la paix du foyer), le Rabbi Schneerson nous révèle le sens profond de l’enseignement de nos maîtres : « La femme est le pilier de la maison », qui signifie par là que le bonheur conjugal repose essentiellement sur elle, sur son humeur, son caractère et son comportement. Elle n’est pas la seule responsable des problèmes qui surgissent au sein du couple, mais elle est presque la seule à pouvoir les résoudre.

 

L’expérience montre en effet qu’une אשת חייל (« EchetHayil » : femme vaillante) arrive à sauver son foyer même si son mari n’est pas tout à fait à la hauteur. En revanche, un homme « bien » et même « très bien » est PERDU et désarmé lorsque son épouse refuse de coopérer avec lui pour leur salut commun. Elle est donc la clé de la réussite du couple.

 

La notion occidentale de « sexe faible » est totalement étrangère à l’esprit du judaïsme authentique qui considère au contraire la femme comme « la force » du foyer et le pilier sur lequel l’homme peut s’appuyer.

 

Aussi, dans l’une de ses lettres (4852, Tome 14 – Une formation pour la Vie p121), devenue de par son enseignement « l’héritage de tout Israël », le Rabbi disait à une jeune femme sur le point de divorcer :

 

… Vous m’écrivez que vous « partez en guerre » contre votre mari et toute sa famille.

Sachez que vous partez en guerre aussi contre vous-même, car il s’agit d’une question de vie ou de mort ; toute précipitation ou toute erreur dans ce domaine ont de graves répercussions sur le monde entier.

Souvent celui qui prend l’initiative de divorcer en pâtit davantage… Je constate avec inquiétude que vous faites tout pour envenimer la situation afin d’aboutir à une solution extrême le plus vite possible, alors que dans ce domaine, les solutions rapides ne sont pas forcement les meilleures.

Mais surtout, vous écrivez que vous allez déposer une demande de divorce au tribunal et vous semblez exclure toute autre solution.

Or vous conviendrez que l’avis d’un tiers est bien plus objectif que celui des intéressés eux-mêmes ; par conséquent, il n’est pas raisonnable d’affirmer à l’avance que l’on va au tribunal pour divorcer, avant même d’avoir interrogé les « juges » à ce sujet…

 

 

Le Rabbi conclue ensuite que le véritable amour se dévoile au moment où il est purement « gratuit ». Tout amour qui repose sur la « logique », l’intérêt et le plaisir, ne peut servir de ciment à la construction de la « maison du bonheur ». Lorsqu’on apprend à aimer l’autre pour ce qu’il est, on finit par l’aimer vraiment plus que soi même !

 

Et puisque le Temple a été détruit à cause de la haine gratuite, sachons le reconstruire avec l’amour gratuit à l’intérieur de notre couple.

 

Beatsla’ha Rabba

Yoël

 

(Sources : « Brit Mila » – Editions Colbo / « Une formation pour la vie » – Rav Haim Dynovisz)